Tablette, lecteur ebook : le duel se joue aussi en milieu scolaire

- 03.05.2013

Lecture numérique - Usages - tablette - école - ipad


Malgré leur coût et un manque de ressources pédagogiques, les tablettes continuent de question les modèles d'enseignements traditionnels. Passé la question du gain de place, de poids en comparaison à une douzaine de manuels, les essais allant dans le sens d'un équipement massif accentue l'apprentissage sur une certaine interactivité.

 


 

 

On serait tenté de répondre que les nouvelles utilisations tactiles, mais aussi multimédias apportent autant à l'éducation que le traitement de texte l'a fait en supplantant la seule feuille de papier. Si les tentatives se sont multipliées dans plusieurs départements comme les Hauts-de-Seine, en Corrèze c'est dans les établissements spécialisés dans l'accompagnement que l'association du geste à l'apprentissage porte ses fruits. 

 

L'éveil auprès de populations déficientes passe plutôt bien par le numérique, puisque l'éducation suppose déjà un accompagnement et un effectif réduit. Les choses sont plus contrastées lorsqu'il s'agit d'effectifs de classes d'une trentaine d'élèves.

 

Expérimentations... parfois douloureuses

 

L'année dernière le site PC Pro relayait l'essai malheureux d'un lycée américain. À l'origine, les professeurs de l'établissement avaient la possibilité de troquer leur ordinateur portable pour un iPad 2ème génération. D'abord enthousiastes à l'image du proviseur porteur du programme, certains professeurs se sont vite mordu les doigts du changement. 

 

Les déconnexions intempestives avec les ordinateurs chargés des tâches les plus complexes rendent les manipulations difficiles, à l'instar de l'absence de clavier physique qui empêche un réel travail hormis la prise de note rapide.

 

Si les enseignants qui ont fait le pari malheureux semblaient ne pas connaître les limites inhérentes à la tablette, le problème a aussi touché les technophiles. La difficulté de mise en réseau comparée aux ordinateurs traditionnels a aussi été relevée à l'Honnywood Community Science School. 

 

L'établissement qui avait mis à disposition des élèves 1200 iPads a révélé un an plus tard que la moitié n'était plus en état de marche, la plupart devenus hors service à des chutes, bris et rayures. Sur les appareils envoyés en SAV, 20% n'en étaient pas à leur premier retour. Avec une grande interactivité, la capacité d'utiliser la source vidéo et les explications en relief, la tablette offre tout de même de nouveaux moyens d'apprentissage.

 

La question des manuels scolaires

 

Moins chers, interactifs, les ereaders entreraient davantage dans la catégorie des alternatives hi-tech aux manuels. Un format consacré à la lecture, à la manière des livres d'écoles et qui contrairement aux tablettes ne prétendent pas être des plateformes de production de contenus, quand ces dernières offrent surtout une expérience de consommation enrichie.

 

Des fonctionnalités interactives de recherche dans le texte, d'annotations et de surlignage pratique pour les études, mais qui révéleraient son potentiel auprès des plus jeunes. Ainsi, la possibilité de modifier la taille des caractères modifie l'affichage et s'adapte au niveau de lecture des enfants. Une garantie contre l'image négative d'une page remplie d'une police minuscule. Une récente étude opérée par Scholastic faisait état de l'effet bénéfique des livres numériques sur la consommation en livre des enfants.

 

Si l'appareil joue un rôle dans l'attrait, et l'écran donne une impression de divertissement chez les plus jeunes, l'effet le plus notable est l'uniformité d'un support électronique. De l'aveu de certaines personnes interrogées, l'épaisseur du livre physique et le nombre de pages n'est plus un repoussoir puisqu'au format numérique, le support garde la même finesse. L'étude a ainsi démontré le potentiel de passerelle de l'ereader vers le plaisir de la lecture. Un sur cinq estimait lire plus depuis avoir essayé la lecture numérique.