medias

Target revendique une concurrence saine : le Kindle dégage

Clément Solym - 04.05.2012

Lecture numérique - Lecteur eBook


Depuis avril 2010, la chaîne de magasins Target avait confirmé la vente du Kindle dans ses boutiques, dans le cadre d'un partenariat avec Amazon. Une importante nouvelle pour la chaîne, certes, mais qui aujourd'hui a des répercussions nuisibles, au point que le Kindle va finalement prendre la porte. (voir notre actualitté)

 

Target, il faut se le représenter comme un carrefour, ou un Auchan, mais à dimension américaine, avec autant de déclinaison - assimilable à des Champions ou des Super-U. Reste qu'il est également le deuxième plus important des acteurs de ce marché. Il compterait aujourd'hui un peu plus de 1150 boutiques... Vaste programme de conquête du monde...

 

La présence du Kindle dans la grande distribution, c'était un luxe terrible pour promouvoir le lecteur ebook, en une période - 2010, c'était la préhistoire - où tous les moyens étaient bons pour assurer une meilleure visibilité au produit. En parallèle, Barnes & Noble avait annoncé dans cette même période que son Nook serait proposé chez les concurrents, Best Buy. 

 

 

 

Mais voilà : Target en a marre. Dans une communication tout officielle, Molly Snyder, de Target, explique avec un langage très policé que tous les produits Amazon, le Kindle en tête de liste, disparaîtront d'ici à la fin du printemps 2012. « Target évalue continuellement son assortiment de produits, pour offrir la meilleure qualité et les meilleurs prix à ses clients. »

 

Autrement dit : le Kindle ne répond plus à ces critères. Cependant, la réalité est légèrement plus nuancée. Ou plus sinistre. Après avoir joué le jeu de la visibilité dans les magasins Target, et chez bien d'autres revendeurs, Amazon avait en effet lancé un missile sol-sol, en proposant une application qui invitait à faire sa liste de course dans les magasins physiques… pour les acheter en ligne.

 

Le New York Times révèle alors une lettre envoyée par Target à ses fournisseurs. « Ce que nous ne sommes pas enclins à supporter, c'est qu'un vendeur en ligne se serve de nos boutiques de brique et de mortier comme des salles d'expositions pour ses produits et sapent nos tarifs. » 

  

Hélas, donc, la campagne de promotion lancée par Amazon, qui offrait pour l'occasion 5 $ de remise pour les clients qui seraient passés par l'achat en ligne, après avoir scanné les codes-barres des articles dans les boutiques physiques, n'est pas bien passée. Si à l'époque, de nombreux produits étaient concernés, c'est le monde du livre qui avait fait le plus de bruit en dénonçant ces pratiques déloyales - alors même que la promotion ne concernait pas les livres, mais plutôt l'électronique grand public, les DVD, la musique et autres articles de sports et jouets.  

 

Pour autant, les lecteurs ebook de Barnes & Noble, ainsi que la tablette d'Apple seront toujours disponibles dans les étals du revendeur. 

 

C'est qu'il ne faut pas non plus exagérer entre manque à gagner et blacklistage de concurrents déloyaux…