TEA lance un programme pour remplacer les DRM Adobe

Julie Torterolo - 15.10.2015

Lecture numérique - Acteurs numériques - The Ebook Alternative - CARE - DRM Adobe


The Ebook Alternative (TEA), plateforme française open source de distribution d’ebook dédiée aux professionnels, a annoncé ce mercredi 14 octobre franchir « une première étape majeure vers l’interopérabilité des livres numériques ». La société lance ainsi CARE : un système de protection des ebooks, voué à remplacer le DRM Adobe.

 

 

 

Le problème est désormais bien connu : les DRM intégrés aux fichiers EPUB découragent plus d’un lecteur de se tourner vers les livres numériques. On apprenait en mars dernier que 60 % des demandes formulées auprès du service après-vente de The Ebook Alternative concernent les DRM d’Adobe. La société française avait donc décidé de réagir et leurs premières expérimentations étaient déjà entamées en début d’année. 

 

C’est ainsi que CARE a vu le jour. Présenté hier par TEA, Content and Authors Right Environment se présente comme « un système de protection des ebooks » afin de remplacer le DRM Adobe. « CARE est la seule mesure de protection des droits d’auteur qui apporte une expérience indolore pour le lecteur tout en garantissant l’interopérabilité des ouvrages numériques », précise la société. 

 

« Grâce à sa compatibilité avec la spécification LCP, le solution CARE permettra la portabilité des achats du lecteur d’un environnement libraire à un autre, contrairement aux DRM propriétaires qui verrouillent le lecteur dans un système fermé », explique dans un communiqué de presse Rémi Bauzac, directeur R&D de TEA. « Le grand intérêt de CARE est de rendre la DRM invisible sur le parcours d’achat. C’est un élément fondamental pour nous si on veut permettre l’adoption du livre numérique par le plus grand nombre de lecteurs », continue Alexis Esménard, Directeur du développement numérique aux éditions Albin Michel. 

 

L’objectif avoué de CARE est ainsi de fournir un plus grand confort d’achat sans frein technique, vers plus d'interopérabilité des livres numériques : l'utilisation de la technologie LCP, développée par les équipes de l'IDPF et de Readium, permettrait d'accorder sécurité des fichiers et liberté des lecteurs. 

 

Selon TEA, CARE aurait reçu un soutien actif du monde professionnel de l’édition en France. Ce qui n'étonne guère : si certains éditeurs ont adopté le tatouage numérique, ou watermarking, comme alternative, le DRM apparaît encore comme une garantie de protection. « [J]e suis toujours un grand défenseur du DRM parce que nos auteurs nous demandent de protéger leurs contenus contre le piratage » déclarait ainsi Arnaud Nourry, PDG de Hachette Livre, à Francfort. Le watermarking, poursuivait-il, « n'est pas suffisamment dissuasif, cela n'empêche personne de pirater, mais permet simplement de retrouver qui a été le premier acheteur ».