Technologie et immatériel, pas sans conséquences pour la planète

Antoine Oury - 24.03.2013

Lecture numérique - Usages - technologies de l'information - communication - impact écologique


Tout comme les nouvelles technologies, l'enjeu écologique fait désormais partie de notre quotidien, même s'il est encore loin d'être appliqué à la lettre. Les technologies de l'information et de la communication (TIC), notamment, restent à distance de l'environnement, aussi bien du côté des fabricants et des entreprises multinationales que de l'usager. Pourtant, des solutions simples existent.

 


Cédric Gossart (à gauche), Philippe Balin, deux des auteurs d'Impacts écologiques des Technologies de l'Information et de la Communication (Groupe EcoInfo)

 

 

La conscience collective veut que le futur et les nouvelles technologies apparaissent toujours sous le vernis de la propreté et de l'aseptisation : et pourtant, le secteur est l'un des plus destructeurs en matière d'environnement. Sur trois plans, à distinguer dans le cycle de vie des appareils : fabrication, consommation et recyclage.

 

Le premier plan s'avère le plus évident, et probablement celui dont les utilisateurs ont le plus conscience : les appareils électroniques sont extrêmement gourmands en ressources, qu'il s'agisse d'eau (32 litres sont utilisés pour la fabrication d'une puce microscopique) ou de métaux (jusqu'à 60 types différents peuvent être utilisés pour un smartphone, y compris or et argent).

 

Ce besoin impérieux en ressources naturelles, combinés à un taux de fabrication très rapide, a évidemment des effets dévastateurs sur l'environnement. « Et implique des bouleversements géopolitiques : 80 % des terres rares [catégorie spécifique de métaux, NdR] sont produites en Chine, ce qui créé une dépendance semblable à celle du pétrole », prévient Cédric Gossart.

 

Vient ensuite le stade de la consommation : « Pas mal d'études de fabricants expliquent que l'usage d'appareils électroniques peut réduire la consommation énergétique, mais elles n'ont de valeur que si le profil utilisateur cité en exemple est clairement défini » commence Philippe Balin. « Un seul article d'un journal lu sur tablette sera plus écologique que la version papier, mais un journal lu par 50 personnes dans un bar le sera bien plus. »

 

Des implications bien réelles

 

Par ailleurs, il faut réaliser que toute action sur le Web, malgré son aspect immatériel, a un impact écologique : « Par exemple, écrire l'adresse directe d'un site dans la barre du navigateur est plus écologique que d'effectuer une recherche Google pour le trouver : dans le premier cas, un seul serveur est sollicité, dans le second, il y en a deux » expliquent les auteurs. Et puisque la réutilisation de l'énergie dégagée par les serveurs n'est pas encore optimale, mieux vaut opter pour la solution la plus directe.

 

Supprimer les téléchargements superflus, ou les envois inutiles de mails sont autant de pratiques qui ne sont pas systématiques : avec le temps, mais aussi un peu de pédagogie, elles pourront peut-être devenir des réflexes.

 

Reste encore à recycler les équipements, de moins en moins durables : à ce titre, il faut savoir que l'article L541-10-2 du Code de l'environnement impose aux vendeurs d'équipement électrique ou électronique la reprise de l'ancien matériel dans le cadre d'un achat :

A compter du 1er janvier 2006, toute personne qui fabrique, importe ou introduit sur le marché national à titre professionnel des équipements électriques et électroniques ménagers relevant des catégories mentionnées à l'annexe I A et à l'annexe I B de la directive 2002/96/ CE du Parlement européen et du Conseil, du 27 janvier 2003, relative aux déchets d'équipements électriques et électroniques est tenue de pourvoir ou contribuer à la collecte, à l'enlèvement et au traitement des déchets d'équipements électriques et électroniques ménagers indépendamment de leur date de mise sur le marché.

Ainsi, tout contrevenant s'expose à des poursuites judiciaires... Autant dire que pas mal de revendeurs devraient s'inquiéter, au regard des pratiques en matière de traitement des déchets : si les collectivités locales elles-mêmes ne maîtrisent pas bien les processus, inutile de souligner que la récupération des métaux précieux dans les pays en développement se fait au prix d'une pollution noire.

 

Pour prendre conscience des enjeux et ajuster ses usages, le site EcoInfo présente une série de recommandations, en Creative Commons, pour divers publics (acheteurs, informaticiens, usagers) afin de maîtriser son empreinte écolo technologique.