Transition numérique : "Être conscients de ce que nous faisons" (Thibaud Zuppinger)

Clémentine Baron - 05.08.2013

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Thibaud Zuppinger, doctorant en philosophie, fondateur et actuel directeur de la publication de la revue Implications Philosophiques, met en place depuis 2011 des ateliers de réflexion sur la culture numérique. Le rendez-vous mensuel s'est progressivement développé et revient à la rentrée scolaire sous la forme d'un séminaire à l'université Paris 8. 

 

 

Thibaud Zuppinger

 

 

Tout d'abord, pourquoi avoir fondé une revue numérique ? 

Au moment du lancement de la revue Implications Philosophiques en 2009, je finissais mon master et – avec d'autres étudiants – nous regrettions de ne pouvoir donner une visibilité à nos recherches (il est exceptionnel de pouvoir publier un mémoire de master). Nous avons donc créé un site Internet dont le but premier était de constituer une plateforme de diffusion de nos travaux.Plutôt que d'en faire une bibliothèque de mémoires, nous avons fait le choix de les retravailler sous forme d'articles. 

 

La revue a connu plusieurs stades, avec des personnalités fortes qui l'ont marquée puis s'en sont éloignées, pendant que d'autres nous rejoignaient.  Elle s'est rapidement développée, devenant un organe scientifique de diffusion, et rassemble aujourd'hui un réseau inter-universitaire d'une centaine d'auteurs et un comité scientifique de chercheurs reconnus.

 

 

Comment en êtes-vous arrivés à organiser des ateliers ? 

Cela est venu d'une réflexion sur le travail que nous réalisions avec Implications Philosophiques : Nous proposions de la philosophie sur un médium particulier, sans trop s'interroger sur les enjeux de ce dernier. Pourquoi avions-nous choisi le support Internet ? Est-ce qu'Internet est l'avenir des revues scientifiques ? Nous avons voulu être conscients de ce que nous faisions, alors nous avons décidé de proposer un atelier de réflexion et de débats autour de la culture numérique.

 

 

Comment s'est-il mis en place ?

Cela s'est fait progressivement. Environ un an après le lancement du site, nous proposions une première réunion, et puis le rythme d'une par mois s'est rapidement imposé. En 2012, nous avons réuni quelques intervenants de l'atelier pour organiser une conférence au Centre Pompidou. Cet évènement a créé une émulation et a contribué à nous faire connaître.

 

 

Quel est le but de cet atelier ? 

Il est difficile de donner une définition précise de ce que sont les médias numériques : sites, blogs, livres numériques, streaming… ils recouvrent une réalité beaucoup trop diverse pour être déterminée précisément. Je pense qu'il faut plutôt s'attacher à déterminer les pratiques et les enjeux. C'est ce que nous cherchons à mettre en place avec l'atelier. Il s'agit de réunir des intervenants du monde numérique, des acteurs impliqués qui se posent des questions sur ce qu'ils font et sur les outils dont ils se servent. 

 

 

Certains intervenants viennent régulièrement ?

Oui, quatre en particulier sont présents quasiment à chaque fois : Pierre-Emmanuel Brugeron, qui est philosophe de formation et webmaster du site Espace Ethique ; Chloé Girard, responsable de la fabrication papier et numérique et enseignante à l'ENSSIB, Nolwenn Picoche, ancienne étudiante en philosophie, aujourd'hui employée par une agence de communication ; et Florian Forestier, chargé de collection à la BNF. 

 

Il ne s'agit pas de faire venir un intervenant différent chaque mois pour qu'il présente ses travaux, mais vraiment de mettre en place un échange nourri entre plusieurs personnes. C'est pourquoi il est intéressant de créer une fidélisation des intervenants. S'ils reviennent régulièrement, cela fait de l'atelier une sorte de collectif de recherches informel.

 

 

Pourquoi faire de l'atelier un séminaire à l'Université ?

Nous avions la volonté de faire quelque chose de plus officiel, de conférer un statut à l'intervention des participants. D'un autre côté, le séminaire sera un peu en marge de ce qui se fait à l'Université : nous ne voulons pas proposer un cours théorique, mais garder cette forme dynamique, créer une émulation, penser sur les marges. 

 

Nous tenons également à rester concentrés sur des problèmes concrets et actuels. Les thèmes seront abordés suivant différents axes, notamment économique et anthropologique ; et les intervenants seront issus de professions variées, afin de réunir des points de vue divers (journalistes, éditeurs, bibliothécaires, mais aussi philosophes, sociologues, etc…). C'est ce qui est fascinant avec le numérique : ce n'est pas l'apanage d'une spécialité, au contraire, tout le monde est concerné par cette mutation.

 

 

Programmation du séminaire « Cultures, savoirs et techniques numériques »

Université Paris 8 (2, rue de la Liberté, 93200 Saint-Denis) 

 

- Séance 1 – Samedi 19 octobre 10h30 – 12h30 :

Ouverture – Les anthropologies numériques : le défi de l'interdisciplinarité.

- Séance 2 – Samedi 16 novembre 10h30 – 12h30

Le livre numérique, entre contraintes économiques et poids des représentations.

- Séance 3 – Samedi 14 décembre 10h30 – 12h30

Mutations dans le monde de la recherche. L'intellectuel et le technicien.

- Séance 4 – Samedi 18 janvier 10h30 – 12h30

Ouvert/Gratuit/Légitime

- Séance 5 – Samedi 15 mars 10h30 – 12h30

Vitesse/changement/critères

- Séance 6 – Samedi 19 avril 10h30 – 12h30

Les mondes numériques, entre sous-cultures, attachements et dépendances.

- Séance 7 – samedi 17 mai 10h30 – 12h30

Les nouvelles formes de créativités numériques.