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Twitter vend des informations sur ses usagers

Clément Solym - 05.03.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - Twitter - informations - vie privée


Imaginez les archives de Tweeter sur les deux dernières années, à raison d'environ 250 millions de tweets quotidiens ... vendus à une entreprise afin de se procurer des informations sur leur clientèle. En clair, Twitter a autorisé Datasift à se servir dans l'ensemble des tweets édités depuis janvier 2010.


Le directeur de Big Brother Watch Campaign, Nick Pickles, affirme que « les gens peuvent penser que leurs tweets sont de l'ordre de la propriété privée, mais cet accord permet de voir clairement que ce n'est pas le cas. Nos posts sur les réseaux sociaux constituent  juste  un nouveau moyen de mieux cibler la publicité, c'est une industrie très lucrative. (...) Il est clair que si vous ne payez pas pour un service, vous n'êtes plus le client, mais le produit ».

 

 

Datasift propose donc ses services à de multiples entreprises  (à raison de 10 000 £ par mois), et analyse pour elles les tweets des usagers mentionnant leurs produits.

 

Pour Graham Cluley, de Sophos, Twitter mise sur cette stratégie pour financer son réseau. « La nouvelle va en surprendre certains. Tweeter a trouvé un autre moyen de monétiser son service, en établissant un partenariat avec une entreprise qui rendra la tâche plus facile aux directeurs marketing en cherchant et analysant les mises à jour Twitter des deux dernières années. (...) Vous pensiez que les tweets que vous aviez postés il y a des mois avaient disparu, ou étaient simplement cachés si profondément et bizarrement sur le site de Twitter qu'ils deviendraient impossibles à retrouver ? Réfléchissez-y à deux fois ».

 

Une saga inquiétante

 

Plus que les véritables intentions de Twitter, qui ne surprennent personne, c'est l'entrée d'un nouveau réseau social dans la polémique qui déçoit : Google et Facebook avaient eux aussi admis pour l'un la collecte d'informations personnelles sur l'utilisateur lors de ses navigations, pour l'autre la possibilité de lire des messages personnels lors de l'utilisation du réseau sur des téléphones portables. Le sentiment de contrôle sur ses tweets, commentaires, tags, messages de diverses natures sur ces réseaux en a pris un coût.


Dave Thier estime, sur le magazine Forbes, que « la question de la vie privée continue d'animer la blogosphère, mais il semble improbable qu'elle aura le moindre effet sur un afflux quotidien de 250 millions de tweets. On aimerait imaginer des groupes comme Facebook et Twitter qui feraient la promotion, de façon altruiste, d'une conversation à l'échelle mondiale (...), mais au final, ils animent un business : et ils vous vendent à celui qui propose le montant le plus élevé ».

 

De quoi donner à réfléchir aux utilisateurs qui estiment essentiel de crier à la face du monde que leurs chats font la sieste... Qui sait les conséquences que cela pourrait entraîner ? 

 

Quant aux auteurs qui ont expérimenté des créations d'oeuvres directement par le biais du réseau de micro-blogging, devront-ils porter plainte pour contrefaçon ? Est-il simplement possible de commercialiser ce qui ne devait être qu'une expérimentation littéraire ?