Ubiquité, variété et interactivité : la saga du web multilingue

Marie Lebert - 29.07.2019

Lecture numérique - Usages - web multilingue - internet évolution - livre saga


Suite à l’invention du web en 1990, les usagers de l’internet dont la langue maternelle n’est pas l’anglais atteignent les 5 % en 1994, les 20 % en 1998, les 50 % en 2000 et les 75 % en 2015. Nombreux sont ceux qui aident à promouvoir leur propre langue et culture et d’autres langues et cultures pour que le web devienne vraiment multilingue.

Sans titre
eager, CC BY 2.0
 

Brian King, directeur du WorldWide Language Institute (WWLI), avance le concept de « démocratie linguistique » en septembre 1998 dans un entretien par courriel : « Dans un rapport de l’UNESCO du début des années 1950, l’enseignement dispensé dans sa langue maternelle était considéré comme un droit fondamental de l’enfant. La possibilité de naviguer sur l’internet dans sa langue maternelle pourrait bien être son équivalent à l’âge de l’Information.

Si l’internet doit vraiment devenir le réseau mondial qu’on nous promet, tous les usagers devraient y avoir accès sans problème de langue. Le considérer comme la chasse gardée de ceux qui, par accident historique, nécessité pratique ou privilège politique, connaissent l’anglais, est injuste à l’égard de ceux qui ne connaissent pas cette langue
. »
 

Communiquer dans le plus grand nombre de langues


Maria Victoria Marinetti, professeur d’espagnol en entreprise et traductrice, écrit en août 1999 : « Il est très important de pouvoir communiquer en différentes langues sur l’internet. Je dirais même que c’est obligatoire, car l’information donnée sur l’internet est à destination du monde entier, alors pourquoi ne l’aurions-nous pas dans notre propre langue ou dans la langue que nous souhaitons utiliser ? Information mondiale, mais pas de vaste choix dans les langues, ce serait contradictoire, pas vrai ? »

Le nombre d’usagers vivant hors des États-Unis atteint les 50 % en juillet 1999. Jean-Pierre Cloutier, auteur des Chroniques de Cybérie, chronique hebdomadaire des actualités de l’internet, écrit en août 1999 : « Cet été, le cap a été franchi. Plus de 50 % des utilisateurs et utilisatrices du réseau sont hors des États-Unis. L’an prochain, plus de 50 % des utilisateurs seront non anglophones. Il y a seulement cinq ans, c’était 5 %. Formidable, non ? »

Le nombre d’usagers dont la langue maternelle n’est pas l’anglais atteint bien les 50 % en été 2000, et continue d’augmenter ensuite. Selon la société marketing Global Reach, ce pourcentage est de 52,5 % en juillet 2001, 57 % en décembre 2001, 59,8 % en avril 2002 et 64,4 % en septembre 2003.

Quinze ans après la création du web, le magazine Wired constate dans son numéro d’août 2005 que « moins de la moitié du web est commercial, le reste fonctionne avec la passion. » Quant à l’internet, d’après le quotidien Le Monde du 19 août 2005, « ses trois pouvoirs — l’ubiquité, la variété et l’interactivité — rendent son potentiel d’usages quasi infini. »

Nombreux sont ceux qui aident à promouvoir leur propre langue et culture et d’autres langues et cultures — souvent sur leur temps libre et souvent en utilisant l’anglais comme langue passerelle — pour que le web devienne vraiment multilingue. Ce livre basé sur de nombreux entretiens est un hommage à leur travail et leur ténacité.


Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.