UK : Des éditeurs embarqués malgré eux sur Kindle Unlimited

Julien Helmlinger - 06.10.2014

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Le service de lecture numérique contre souscription d'Amazon, Kindle Unlimited, a été lancé au Royaume-Uni il y a une dizaine de jours. Déjà plusieurs petits éditeurs grognent et en appellent à leurs avocats, ayant constaté que leurs titres avaient été inclus dans l'offre illimitée contre leur avis. Certaines maisons auraient décliné la proposition, en vain, d'autres encore soutiennent ne pas avoir été consultés du tout avant d'être inscrites au catalogue.

 

 

Amazon ferait la sourde oreille ?

 

 

Le catalogue Unlimited, outre-Manche, comprend 650.000 ebooks, pour de la lecture à volonté tarifée à 7.99 £ par mois. Si les plus grandes maisons sont toujours absentes de l'offre, on y trouve d'ores et déjà des indépendants tels Bloomsbury, Scholastic, Faber, The History Press, Canongate, Atlantic, Granta, Head of Zeus, Hesperus Press, Michael O'Mara et Icon Books... Pour une grande majorité de titres publiés par Amazon Publishing et autres auteurs autoédités via Kindle Direct Publishing.

 

L'arrivée de Kindle Unlimited au Royaume-Uni suffit déjà à inquiéter les maisons d'édition traditionnelles et autres libraires. À la manière de James Daunt, de la chaîne de librairies Waterstones, qui craint que la tarification moyenne des livres ne s'en retrouve à terme sérieusement dévaluée. Particulièrement sur le livre audio. Avec cet épisode d'enrôlement forcé, les craintes ne risquent pas de s'apaiser. 

 

Les éditeurs concernés se disent « impuissants » à retirer contractuellement leurs propres titres du nouveau service d'Amazon. Car la firme de Jeff Bezos les rémunère selon son modèle revendeur, c'est-à-dire que chaque fois que ces titres sont consommés via Unlimited, les éditeurs sont rétribués comme s'ils avaient été acquis au détail. Et de même pour leurs auteurs.

 

La pirouette audacieuse du guépard, consistant à payer ces emprunts comme des ventes, serait-elle légale ? Par crainte de subir d'éventuelles représailles de la part du géant, selon The Bookseller, les éditeurs embarqués contre leur gré auraient préféré témoigner sous couvert d'anonymat. Ces derniers en appellent désormais à leurs avocats pour examiner la légalité de la situation. 

 

L'un des éditeurs interrogés se pose ainsi la question de savoir si l'on se retrouve face à un premier round d'embrigadement qui pourrait en appeler d'autres, et pourquoi pas ciblant des maisons d'édition plus importantes. Pour le moment, Amazon n'a pas encore livré de commentaire concernant ces contributeurs malgré eux.

 

(via The Bookseller)