Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Un an de partenariat entre Kobo et les librairies indépendantes US

Antoine Oury - 05.09.2013

Lecture numérique - Acteurs numériques - Kobo - librairie indépendante - partenariat


Le 30 août 2012, juste à temps pour la rentrée, le vendeur de livres et de lecteurs numériques, mettait en place un partenariat avec les librairies indépendantes des États-Unis, en collaboration avec l'American Booksellers Association. Un an plus tard, les différents acteurs font le bilan : celui-ci est plutôt bon, même s'il est évident que vendre des ebooks ne fait pas le chiffre d'affaires d'une librairie. 

 


Green Apple Books

Green Apple Books, une des librairies partenaires (Nrico, CC BY 2.0)

 

 

Avec le lancement du partenariat, Kobo remplaçait Google pour mettre à disposition des libraires une offre numérique complète et qui ne nécessitait pas d'investissements importants de leur part. L'objectif, expliquait Oren Teicher, directeur de l'ABA, était alors que les libraires « puissent répondre « Oui » au lecteur qui souhaite acheter du livre numérique ».

 

« Nous apprécions les efforts de l'ABA pour nous garder dans le jeu, même si nous sommes plus sur le banc de touche que sur le terrain. Kobo n'est vraiment pas connu », note Liza Bernard, copropriétaire de Norwich Bookstore, à Norwich. Teicher reconnaît volontiers qu'il reste beaucoup de chemin à parcourir du côté de Kobo « pour s'imposer sa marque dans un marché américain extrêmement compétitif ». Suivez le regard vers Amazon...

 

La plupart des libraires soulignent que les bénéfices dégagés sont minimes, mais qu'il serait plus dommageable de ne pas proposer d'offre : « Ce n'est pas une source de profits, mais je perds moins de clients », note Pete Mulvihill, copropriétaire de Green Apple Books, librairie de San Francisco. « Nous avons ajouté 225 acheteurs via Kobo. Ils ont signé parce qu'ils aiment ma librairie. »

 

Kobo met à la disposition de ses partenaires des lecteurs ebook, et les librairies touchent ensuite un pourcentage sur les ventes réalisées via celle-ci pendant 3 ans, à 11 % du prix total. Certaines boutiques s'en sortent mieux que d'autres : la Greenlight Bookstore de New York a affiché 6000 $ de recettes pour les 9 premiers mois du partenariat, avec un site Internet dont les ventes enregistrent 21 % de hausse. Par rapport au partenariat avec Google, cela représente plus du double.

 

Du côté de Kobo, le bilan est clairement positif : « Les clients qui proviennent de l'ABA dépensent 2 fois plus que les autres acheteurs. Ce sont nos meilleurs clients pour l'Amérique du Nord », souligne Michael Tamblyn, chargé des contenus chez Kobo. Le vendeur envisage 700 libraires partenaires pour la fin 2013, contre 500 actuellement. Sur ce nombre, 300 librairies seraient véritablement actives au niveau des ventes d'ebooks. Kobo va par ailleurs lancer ses premiers événements en librairies début 2014, avec des auteurs autoédités via Kobo Writing Life.

 

En France, Kobo a entamé des discussions avec des libraires indépendants pour mettre en place un partenariat similaire, sans passer par le Syndicat de la Librairie française, toutefois.

 

(via Publishers Weekly)