Un watermark lié au compte client pour surveiller le partage illégal

Nicolas Gary - 14.08.2013

Lecture numérique - Législation - lutte contre la contrefaçon - watermark - livres numériques


Le traçage des clients néerlandais et de leurs achats d'ebooks servira de piste pour la lutte contre le piratage. Un accord passé avec les revendeurs de livres numériques permettra d'identifier plus facilement les contenus qui ont été achetés, puis rediffusés gracieusement - et donc illégalement - sur la toile. C'est à l'initiative de BREIN que cette innovation a surgi. 

 

 

 Kali, Avatar of the eBook

kandinski, CC BY SA 2.0

 

 

L'organisme chargé de la lutte contre le piratage aux Pays-Bas vient de mettre en place un accord simple. Le fichier acheté sera identifié par un watermark, appelé aussi tatouage numérique. Celui-ci représente un indicateur, visible ou invisible, qui rend le fichier unique, puisqu'associé à des données de son acheteur. Dans le cas des Pays-Bas, le watermark sera plus étroitement lié au compte du client.

 

Les données seront conservées durant deux années, au cours desquelles les données seront confrontées aux fichiers apparaissant sur les sites de partages. Le client, pris en flagrant délit, sera alors signalé au BREIN.

 

Le watermark est une méthode à double tranchant : certes il est moins contraignant que le DRM, qui limite les usages et contraint le client. Mais le watermark reste une épée de Damoclès, servant de prise d'otage : la confiance faite au consommateur est toute relative, et la présence du filigrane pousse à l'autocensure. 

 

Il y a finalement plus à redouter encore de voir un fichier contenant un tatouage numérique, car il induit une nouvelle relation au livre. Que l'on m'empêche par un verrou de prêter, c'est une chose. Que s'exerce une pression qui va m'obliger à une forme de censure en est une autre. 

 

On peut cependant parler de responsabilisation des clients : ne prête pas ton fichier n'importe comment, si tu ne souhaites pas que l'on te tombe dessus, en t'accusant de partage illégal. C'est sur ce point que les Pays-Bas ont décidé de porter le fer. Toute transaction réalisée associera donc le fichier numérique à un filigrane spécifique, associé à un numéro de transaction.

 

Les fournisseurs connectés à la plateforme eBoekhuis partageront donc les données clients avec les ayants droit et le groupe BREIN, pour faciliter la traque des internautes et des fichiers qui circuleront sur les réseaux Torrent et autres Usenet.

 

eREaders.nl qui évoque ces nouvelles dispositions précise que les vendeurs seront tenus d'alerter leurs clients de ces accords et de la conservation de leurs données. Et que ces dernières peuvent être communiquées à des tiers dans le cadre de la protection du droit d'auteur, dans le cas où leur compte serait lié à des contrefaçons.

 

En cas de soupçon de contrefaçon, le client sera alors contacté par le BREIN pour obtenir des explications. De quoi provoquer le doute dans l'esprit du client, qui pourra se montrer un peu plus méfiant, avant d'acheter quoi que ce soit.