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Trancher la main des pirates, pour les empêcher de nuire

Nicolas Gary - 01.08.2014

Lecture numérique - Législation - trancher main - pirate sévices - mutilation punir


Une tendance incite les créateurs à pratiquer les sévices corporels pour lutter plus activement contre les pirates et autres contrefacteurs, qui violent la loi sans même sonner trois fois. Une nouvelle étape vient d'être franchie en la matière : une musicienne du Nigeria propose l'amputation des doigts pour arriver à des résultats probants. 

 

 

Some people say I am obsessed with my lawn

Jeremy Page, CC BY NC SA 2.0

 

 

Retour vers un futur apocalyptique : en pleine promotion de son dernier livre, Frédéric Beigbeder s'était mis dans la position du missionnaire et prêchait sa bonne parole. « Ultime précision : Premier bilan après l'apocalypse n'est téléchargeable sur aucun site Internet. Toute version disponible autrement que sur papier est donc une version fausse ou piratée. Si je vous surprends à lire ceci sur un écran, c'est ma main dans la gueule. Compris ?! » C'était écrit noir sur blanc dans la préface du livre, et Beigbeder l'avait répété à l'antenne d'Europe 1.

 

De la main dans la gueule, aux doigts coupés, il n'y a qu'un pas. C'est qu'il semble alors relativement mesuré, le Beig de septembre 2011, en regard des propositions de Stella Monye. All Africa rapporte les frasques de la chanteuse, qui a des positions bien arrêtées en matière de lutte contre la contrefaçon.

 

« S'ils ont les doigts coupés, ils n'utiliseront pas leurs mains pour le piratage des oeuvres. Leur trancher les doigts les arrêtera, à compter du moment où vous coupez les doigts de deux personnes, les autres s'arrêteront. Ils vont apprendre, et ce sera rapide : sans une mesure drastique, ils ne cesseront pas. »

 

C'est que dans son pays, les contrefacteurs écopent d'une amende de 10.000 naira (monnaie, locale, soit une contre-valeur de moins d'une cinquantaine d'euros). « Nous avons beaucoup parlé de la piraterie, mais les autorités n'ont pas fait grand-chose pour que cela cesse », conclut l'artiste. 

 

Méthode rétrograde ? Pas du tout : pour mémoire, en février dernier, un voleur a eu la main tranchée en Syrie. Et en janvier 2013, l'Iran dévoilait une machine à trancher les mains automatiquement, toujours pour les voleurs. Pour un blasphème, un enseignant catholique, en Inde, avait subi le même sort. Et après tout, un pirate est un voleur. La pédagogie de la gifle n'est pas efficace, il faut donc passer à une « risposte graduée (© Hadopi). 

 

On raconte même que, dans des pays où une certaine vision de la Charia est appliquée, trancher la main d'un voleur serait la meilleure méthode pour empêcher la récidive. Si l'on appauvrit un commerçant en dérobant le bien qu'il vend, l'artiste est évidemment appauvri parce qu'une personne, qui n'aurait pas acheté son disque, va l'écouter, depuis un site de téléchargement.

 

Pour le streaming, l'artiste n'a cependant pas donné d'indications. On recommandera simplement d'arracher les ongles.