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Une catégorie Kids dans l'App Store : Apple à l'assaut de la jeunesse

Nicolas Gary - 30.08.2013

Lecture numérique - Tablettes - catégorie jeunesse - Apple - iOS


« Si votre application est spécialement conçue pour les enfants de 11 ans et moins, vous pouvez maintenant choisir une tranche d'âge pour votre application sur le site iTunes Connect. » L'information est tombée le 16 août, directement présentée par Apple : une catégorie dédiée à la jeunesse va faire son apparition dans l'App Store. Un nouvel outil de monétisation, mais chez Apple, tout n'est jamais simple. 

 

 

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flickingerbrad, CC BY 2.0

 

 

À l'occasion de la dernière conférence pour développeurs, la WWDC de juin, organisée pour présenter le futur de ses produits, la firme avait évoqué cette nouveauté, qui sera intégrée à iOS 7, que l'on attend incessamment sous peu.

 

La refonte visuelle du système d'exploitation pour appareils mobiles s'accompagnera donc de cette Kids Category dans l'App Store. Et pour simplifier la vie des développeurs, la firme a commencé à proposer quelques spécifications. Manifestement, la section Kids ciblerait principalement les enfants de moins de 11 ans. Il sera possible de choisir entre trois tranches d'âges : 5 ans et moins, 6/8 ans et 9 ans et plus. Les applications seront bien entendu disponibles dans l'App Store de manière classique, mais profiteront également de cet éclairage propre. Selon nos informations, Apple devrait en dévoiler plus autour du 10 septembre.

 

Levain de l'humanité, mais bien encadrée

 

Un espace dédié à la jeunesse, mais qui compte plusieurs restrictions. Nos confrères des Histoires Sans Fin ont pu obtenir de plus amples détails sur cette nouvelle orientation. Les éditions Bayard précisent ainsi que plusieurs contraintes pèsent sur les éditeurs d'application.

 

La première des épreuves sera de respecter scrupuleusement les recommandations de la Children's Online Privacy Protection Act ou  COPPA. Cette législation américaine chargée de la protection des enfants sur la toile nécessite plusieurs adaptations. Cette législation fédérale limite l'accès de certains sites internet aux enfants, et prohibe toute forme de collecte de données personnelles, incluant photos, vidéos et audio, dès lors que l'utilisateur est mineur.  

 

« Nous ne pouvons choisir qu'une seule tranche d'âge pour l'application, même si elle entre dans plusieurs tranches. De même, les systèmes d'achats doivent être équipés de barrières spécifiques pour cadrer les utilisations. Un message textuel indiquant qu'il faut faire glisser son doigt de droite à gauche, par exemple, nécessitera de savoir lire, et donc empêchera l'enfant de faire un achat. Apple considère que les enfants sont tous seuls derrière l'iPhone ou l'iPad, et pour protéger l'utilisateur, autant qu'eux-mêmes, ils nous forcent à repenser toute notre approche économique », soulignent les éditions Bayard.

 

Par exemple, chez Apple, il doit être impossible de collecter l'adresse mail d'un enfant de moins de 13 ans sans l'accord de ses parents. La publicité, si elle est intégrée, ne doit en aucun cas être contextualisée ni s'appuyer sur les comportements de l'utilisateur. Et interdiction formelle d'introduire un lien de vente renvoyant l'enfant hors de l'application, toujours sans le consentement des parents. 

 

Le monde éducatif plus particulièrement ciblé ? 

 

La démocratisation des tablettes et des smartphones Apple entraîne fort logiquement une évolution des approches marchandes. La démarche s'inscrit également dans une autre approche : celle du programme éducatif développé, avec l'introduction de devices iOS dans les établissements. À ce titre, et pour la première fois, les enfants de moins de 13 ans pourront disposer d'un compte iTunes.  La société a en effet signé un accord avec le LA Unified School District, pour fournir d'ici la fin 2014 un iPad aux 640.000 étudiants.  

 

Voilà qui ne manquera pas de faire réagir la Fédération des libraires européens. Celle-ci, prônant une interopérabilité aussi bien logicielle, contenu que matérielle, déplorait par exemple qu'en Irlande, une expérimentation ait mis dans les mains d'élèves des iPads. Le coût de l'appareil, celui de l'assurance, la liberté pédagogique de l'enseignant ou encore la pertinence pédagogique, sans compter les dommages que la surexposition à des écrans LCD pourrait occasionner, sont autant de problèmes qui se posent. « Il n'est pas question de freiner ce développement dans le secteur pédagogique, mais de faire en sorte qu'il s'opère correctement », nous précisait un acteur proche du dossier, au niveau européen