Une conspiration entre Apple et les éditeurs, selon la juge

Clément Solym - 16.05.2012

Lecture numérique - Législation - Apple - éditeurs - recours collectif


Les mauvaises nouvelles tombent dans l'affaire qui oppose les éditeurs américains et Apple, au public, lésé durant tant d'années à cause d'un prix de vente des livres numériques trop cher. C'est la juge en charge de l'affaire, Denise Cote, qui faire tomber des hallebardes, en refusant la demande de rejet du recours collectif lancé contre les cinq groupes d'édition et la firme high tech.

 

Un document dévoile les conclusions de la juge qui estime non seulement que Steve Jobs était au courant de tout, mais surtout, que l'entente a bel et bien été orchestrée, pour donner à Apple la possibilité de s'incruster dans le marché. Denise Cote a ainsi refusé de considérer que les éditeurs avaient agi indépendamment en modifiant leur tarification des livres numériques.

 

Et de dénoncer un complot monté entre les différentes parties, citant même Jobs à plusieurs reprises.

 

« En bref, Apple n'a pas essayé de gagner de l'argent avec les livres numériques en entrant en compétition avec d'autres revendeurs dans un marché ouvert ; au contraire, Apple a rempli son objectif par une entente avec les fournisseurs, plutôt que de pratiquer une concurrence indépendante. »

 

 

 

Mais ce n'est pas tout. Denise Cote évoque le lancement de l'iPad, amplement préparé, avec cette idée que le prix des ebooks serait le même pour tous. Plusieurs citations de Jobs, Murdoch et Sargent se mêlent pour fournir de nombreuses preuves attestant que les éditeurs avaient accepté cette solution « pour relever le prix des ebooks et qu'Apple avait intentionnellement et sciemment rejoint cette conspiration ». 

 

Pour approfondir 

Apple mangeait-il dans les restaurants de Manhattan

 

Ambiance, dans les couloirs du tribunal. Et surtout, toute la défense d'Apple est mise au tapis, alors que la Pomme avait toujours assuré n'être jamais intervenue auprès des éditeurs, et n'avoir rien façonné d'un commun accord. « Avec l'entrée d'Apple sur le marché des ebooks, et la décision prise par Apple de rejoindre cette collusion sur le prix des ebooks, cette conspiration horizontale est devenue une arme puissante pour organiser un changement fondamental dans toute l'industrie », poursuit la juge. 

 

Pour autant, Cote n'aborde pas la question principale de toute cette affaire : Apple a-t-elle agi de manière à écarter complètement Amazon de la compétition qui allait se créer sur les tablettes de lecture. Reste que pour la juge, il ne fait pas un pli que le passage au contrat d'agence « signifie que les éditeurs défenseurs engendrerait un contrôle des prix de vente au détail ».

 

L'implacable culpabilité ?

 

D'autres documents avaient hier montré l'implication évidente de Steve Jobs dans cette histoire, alors que le patron d'Apple s'adressait aux éditeurs, sur un ton très pédagogique, évoquant les différentes options.

 

Soit parvenir à construire un marché du livre numérique avec Apple, en fixant le prix des livres entre 12,99 $ et 14,9 9 $, et voir sur le long terme. Soit poursuivre la formule 9,99 $ d'Amazon, et faire du délai dans un temps plus court, mais devenir dépendant du cybermarchand.  

Le mail a manifestement été adressé à John Sargent, directeur général de Macmillan, après que les négociations menées avec Cue ont échoué. Et en réponse, datée du 11 janvier 2010, Sargent répond qu'il doit y avoir un moyen « pour soulager la douloureuse pilule financière des éditeurs et des auteurs, en transitant vers le contrat d'agence ».  

La dernière option : supprimer tous leurs livres d'Amazon et contraindre les lecteurs à pirater les livres pour se les procurer. « Ce sera le début du piratage, et une fois que cela aura commencé, rien ne pourra l'arrêter. Croyez-moi, j'ai vu de mes yeux cela se dérouler », explique Jobs. 

 

(voir notre actualitté)

 

C'est un véritable retournement de situation : début mai, la possibilité d'une sortie de crise complète était envisagée, et Denise Cote laissait entendre que le recours collectif n'avait peut-être plus lieu d'être. De fait, trois des éditeurs impliqués, Hachette Book Group, HarpersCollins et Simon & Schuster s'appliquaient à conclure des accords avec les différents États du pays, pour rentrer dans le rang proposé par le ministère de la Justice. (voir notre actualitté)

 

Deux autres groupes, Penguin et Macmillan, avaient donc décidé de monter au créneau, avec Apple, s'opposant fermement à cette accusation. Des dizaines de millions de dollars sont en jeu pour les éditeurs qui ont accepté de s'inscrire dans le règlement du DoJ, mais des sommes identiques attendent ceux qui iront au procès. Et dans les deux irréductibles, on compte le directeur général de Macmillan, John Sargent, et John Makinson, directeur de Penguin. 

 

De son côté, Apple ne bougera sûrement pas : la règle des 30 % ponctionnés sur toutes les ventes réalisées via iTunes s'applique à tout ce qui est commercialisé dans ses tuyaux.  

 

Judge Cote's Refusal to Dismiss Unmarked)

 

 

 




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