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Éditions ePoints : lectures courtes en numérique par abonnement

Nicolas Gary - 06.11.2014

Lecture numérique - Acteurs numériques - Editions ePoints - livre numérique - lectures courtes


C'est une maison d'édition numérique, « dédiée aux lectures courtes », et qui donne la couleur. Le projet de ePoints est simple : proposer des livres qui varient en fonction du temps de lecture disponible. Un petit trajet, un voyage plus long : tout est proposé par la nouvelle structure éditoriale, découlant des Editions Points, la filiale livres de poche des éditions du Seuil. 

 

 

Si les titres ont déjà fuité sur différents ebookstores, laissant découvrir quelques-unes des publications proposées, les Éditions ePoints abordent une nouvelle dimension dans la vente de livres. Pour faire simple, les textes varient de 5 à 60 minutes, et l'on s'abonne alors pour 4,99 € mensuels, avec 10 heures de lecture proposées. « C'est le plus petit prix pour une formule d'abonnement », explique l'éditeur. 

 

Avec un catalogue qui sera révisé chaque mois, l'offre est disponible dans cette formule d'abonnement ou en achat unitaire, à 99 centimes – le tout sans DRM, ni tatouage numérique. Textes courts et nouvelles à foison, de quoi faire une pause détente, entre deux parties de Candy Crush. 

 

Au lancement, qui interviendra sous peu, l'offre sera composée d'une trentaine de titres, avec neuf inédits. « Pour composer ce catalogue, nous avons choisi des nouvelles extraites de recueils, mais également acheté des textes venus d'autres maisons », précise Marie Trebaol, en charge du développement des Éditions ePoints. C'est ainsi que l'on retrouvera une bande dessinée, issue de la maison Delcourt. « Le projet de ePoints, c'est d'aborder, dans une logique de pure-player, le principe du livre de poche, tout en axant notre offre sur les œuvres du groupe (La Martinière Seuil). »

 

Expérimenter, découvrir, essayer

 

Pour le lecteur, le modèle est très simple, et d'une transparence totale : pour 4,99 €, ce sont donc 10 heures de lecture que l'on s'offre. Chaque titre téléchargé possède, outre un capital sympathie pour beaucoup d'entre eux, une sorte de valeur temporelle, calculée sur la base d'un temps de lecture moyen. Un ebook équivaut donc à un temps donné, et au téléchargement, ce crédit temps sera donc décompté des 10 heures. 

 

 

 

Pour ce qui est de la vente à l'unité, comme nous l'avons remarqué, plusieurs ebookstores commercialisent déjà les œuvres. « La formule d'abonnement sera exclusivement disponible sur notre site, mais nous travaillons à un modèle de cartes-cadeaux, qui impliquerait alors les librairies physiques, autant que les ebookstores. » Le tout sur une base de 3, 6 ou 12 mois d'abonnement, encore à confirmer. 

 

Techniquement, les ebooks ne seront proposés, pour l'offre d'abonnement, qu'au format EPUB. « Nous avons une offre en MOBI [le format Kindle, NdR], pour la vente à l'unité, mais depuis le site, les livres seront uniquement en EPUB. Et comme nous souhaitions une offre totalement ouverte, ils ne sont équipés ni de DRM, ni d'un watermarking. » Autrement dit, la possibilité de télécharger sur plusieurs appareils le même ouvrage. Et la solution a su convaincre les auteurs.

 

Travailler à une recommandation efficace

 

Certains ont d'ailleurs immédiatement dit oui, comme Henning Mankell, et d'autres ont posé beaucoup de questions. « Pour chacun d'entre eux, nous avons signé un nouveau contrat, exclusivement destiné à l'abonnement », souligne la maison. De même, les maisons avec lesquelles travaille le groupe La Martinière ont été impliquées dès les premiers temps : L'Olivier, Métailié, et d'autres, bien entendu. « Éditorialement, nous avons cherché à ouvrir une porte sur le catalogue des éditeurs. Cela impliquait de travailler avec un comité réunissant les différentes personnes à impliquer. » 

 

Quant aux textes inédits, c'est à Jean-Christophe Brochier, éditeurs de noir chez Seuil que ePoints les doit. « Il y a deux aspects : le temps de lecture, qui importe dans la constitution de l'offre, mais également la création de thématiques mensuelles, ou l'ouverture à des genres littéraires. » Ainsi, la présence de Guillaume Apollinaire, avec Les Onze mille verges, représente moins une offre de gratuité, puisque l'œuvre est dans le domaine public, que l'ouverture sur la littérature érotique.

 

Si une trentaine de titres, pour le lancement, peut sembler bien peu, c'est que l'éditeur cherche avant tout une offre simple à appréhender, sur laquelle il soit possible de travailler au mieux la recommandation. Surtout, ne pas se perdre dans un catalogue démesuré, où le lecteur ne saurait finalement pas par quoi commencer. Nul doute que le développement d'une pareille plateforme, inédite chez les grands éditeurs français, ne manquera pas d'attirer l'attention.