Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Une nouvelle étude met en avant les bénéfices d'Internet pour la culture

Antoine Oury - 03.10.2013

Lecture numérique - Usages - piratage et partage - revenus - industrie culturelle


La London School of Economics and Political Science (LSE) s'y met aussi : l'honorable école publie une étude sur les effets de la mise en ligne des contenus culturels sur les revenus des artistes et ayants droit, concluant que celle-ci a été bénéfique, voire même très bénéfique pour le secteur. Et invite le gouvernement britannique à revoir sa copie dans le cadre du Digital Economy Act.

 


Variation des revenus de l'industrie musicale, extrait de l'étude de la LSE. Seuls les revenus provenant de la musique enregistrée ont subi une baisse importante

 

 

« Contrairement à ce que clame l'industrie, le secteur de la musique ne subit pas un déclin terminal, mais occupe le terrain et enregistre des profits réels. Les recettes des ventes numériques, des services d'abonnement, des concerts diffusés en ligne compensent la baisse des ventes physiques de CD et d'enregistrements », souligne Bart Cammaerts, un des auteurs de l'étude, comme pour mettre un terme au lobby de certains acteurs de l'industrie musicale.

 

Et cette conclusion s'applique au secteur culturel tout entier : jeu vidéo, cinéma ou encore livre sont autant de produits culturels qui bénéficient des partages en ligne, qu'ils soient légaux ou illégaux. L'étude s'arrête notamment sur l'usage des Creative Commons, ces licences qui permettent aux artistes et créateurs de partager leurs contenus tout en conservant certains droits sur ces derniers.

 

Bien entendu, le tableau reste légèrement optimiste : si on se fait peu de souci quant à la santé financière des lobbys de l'industrie culturelle, la question reste plus complexe dès lors que l'on approche des revenus effectivement versés aux artistes.

 

Le site Social Band a ainsi récemment converti la rémunération en dollars accordée pour un certain nombre de lectures, sur différentes plateformes. 

 

 

 

 

Si les montants à l'unité sont dérisoires, ils deviennent tout de suite plus intéressants pour un artiste dont la vidéo sur YouTube engrange des millions de vues. Stromae, avec un clip vu 52 millions de fois sur Youtube, a ainsi gagné 20.000 € en trois mois, en imaginant que l'intégralité des revenus lui revienne (une part est reversée au distributeur). Et n'oublions pas que des contenus déposés sur YouTube ou toute autre plateforme restent en ligne, et assurent ainsi des revenus en permanence (bien que décroissants, logiquement), contrairement à une diffusion télévisée par exemple.

 

À l'inverse, un artiste peu mis en avant dans les médias ou sur ces réseaux ne pourra de toute évidence pas compter sur ce mode de diffusion pour gagner sa vie, mais ils participent néanmoins à sa simple présence sur un médium. Et, de fait, pourront attirer de nouveaux spectateurs à ses concerts.

 

Pour le livre, les informations en la matière sont encore parcellaires, simplement parce que le modèle est encore peu connu du grand public. 

 

Quoi qu'il en soit, la LSE espère que cette étude incitera le gouvernement britannique à une législation qui « met en avant une balance équilibrée entre les intérêts des différents acteurs, dont les industries culturelles, les fournisseurs d'accès à Internet et les utilisateurs d'Internet. »

 

(via TorrentFreak)

 

 

  Étude de la LSE sur les effets du partage pour les industries culturelles by ActuaLitté