Une nouvelle vie se profile pour Harry Potter sur internet

Nicolas Gary - 11.05.2019

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Confiée depuis les premiers temps au studio Warner Bros, l’adaptation des multiples romans Harry Potter, et leurs ramifications, va prendre un tournant. En effet, la structure Pottermore, qui exploite les versions numériques des ouvrages, y compris en format audiolivre, vient de se rapprocher du studio hollywoodien. Une joint venture est créée pour mieux exploiter la franchise Potter sur la toile.

Dog Looks Like Harry Potter
Petful, CC BY 2.0
 

L’idée est assez simple : quand on tient un citron bien juteux, il faut le presser intelligemment pour qu’il donne un bon rendement durant le plus de temps possible. Ce sera le rôle de la société The Wizarding World Digital, qui réunit Warner Bros et Pottermore : le premier aura accès aux contenus et documents liés aux livres, et le second pourra profiter de la manne économique que représente le premier. 

Pour le moment, la structure n’a pas d’équipe officiellement constituée, mais prendra certainement un peu des deux mondes. Rappelons toutefois que Pottermore est présidé par Neil Blair, agent de JK Rowling. Ce dernier explique que les annonces viendront en leur temps, mais d’ores et déjà, a assuré qu’un changement de nom de domaine allait intervenir. (via The Bookseller)
 

Pottermore, histoire d'un chamboulement violent


Fondée en 2012, cette plateforme avait provoqué un séisme : pour la première fois, un auteur exploitait aussi directement et intensément les droits numériques, alors que la romancière avait toujours refusé, par le passé, que l’on sorte des versions numériques pour ses livres.

Tout le monde se réjouit désormais, et c’est bien normal, de ce que cette association va permettre de toucher un public plus large, et certainement de générer beaucoup d’argent. Ce qui ne sera pas du luxe : depuis que Pottermore a révisé ses règles de ventes, la structure perd de l’argent, encore et toujours. 
 
Au lancement de la plateforme, les librairies en ligne n’avaient pas accès aux fichiers et devaient renvoyer vers le site qui centralisait les ventes et collectaient les fichiers clients. En 2015, cette stratégie a été revue, et depuis les conséquences économiques se font ressentir. 

Certes Pottermore a limité la casse en termes de bénéfices — 3,4 millions £ en 2018, soit 100.000 £ de moins qu’en 2017, mais les revenus ont chuté — 40,3 millions £ en 2017 contre 32,8 millions £ l’année passée. De quoi inciter à trouver des relais de croissance, et multiplier les jeux vidéo et autres produits dérivés.
 

Internet et Harry Potter : quel avenir ? 


Nouveaux contenus en perspective, donc, mais également nouvelles formes d’exploitation – on peut aisément imaginer un système de streaming pour la lecture par abonnement, incluant les livres, les films et tout ce qui peut exister de production audiovisuelle ou jeu vidéo en ligne. Après tout, Marvel ou DC Comics se sont lancés dans des aventures similaires : ce serait bien dans l’ADN de Pottermore d’expérimenter une telle approche globale, dans un environnement propriétaire.

Reste l’autre volet, pas du tout évoqué dans l’annonce, et qui concerne le comportement extrêmement agressif des avocats de la Warner. Au cours des dernières années, le studio a en effet ratissé large et tenté d’interdire — souvent avec succès — d’interdire des manifestations ou production où des fans exploitaient l’univers de Potter. 

Là où JK Rowling n’avait rien redit à ces événements — il serait amusant de tenter d’interdire les différentes ligues de Quidditch partout dans le monde — Warner Bros fait régulièrement les gros yeux, lettres recommandées à l’appui. Et ce, jusqu’au Danemark s’il le faut.

Sans procès d'intention, toute la question est de savoir si les fanfictions, par exemple, ne seront pas attaquées, maintenant que Warner va pour partie mettre la main sur la création, diffusion et monétisation de contenus en ligne…


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