Une plateforme pour valoriser "la profondeur et l'étendue des écritures africaines"

Clémence Chouvelon - 08.04.2015

Lecture numérique - Applications - Digitalback Books - livres numériques - littérature africaine


Lancée en décembre dernier, Digitalback Books est une plateforme qui permet aux lecteurs d'avoir un accès illimité aux livres numériques du catalogue, comme le proposent des plateformes comme Kindle Unlimited ou Oyster. La particularité de Digitalback Books est d'être axée sur la littérature africaine dans toute sa diversité.

 

 

Page d'accueil de la plateforme DigitalBack Books

 

« Notre axe est l'écriture africaine à travers le monde, et nous souhaitons la mettre en valeur en proposant le plus de diversité possible en termes de genres », explique Gersy Ifeanyi Ejimofo, la fondatrice de Digitalback Books, contactée par mail

 

99 % du catalogue de Digitalback Books provient de distributeurs spécialisés ou non dans la littérature africaine, comme Peepal Tree Press, une maison d'édition basée à Londres, Parrésia, MME Media, Kachifo Limited, une maison d'édition nigérienne indépendante, ou encore African Books Collective, en activité depuis 20 ans, fondé et dirigé par des éditeurs africains, qui « vise à renforcer l'édition africaine grâce à une action collective et augmenter la visibilité et l'accessibilité de la richesse de l'érudition et de la culture africaine ».

 

Si le site semble proche des services proposés par la plateforme africaine Okadabooks, elle n'est pas du tout centrée sur les auteurs indépendants, et préfère travailler directement avec les maisons d'édition. Lancée en 2013, Okadabooks permet à des auteurs indépendants de proposer leurs livres avec un prix en ligne, et aux lecteurs de les télécharger ultérieurement sur la plateforme. Même si les auteurs non publiés n'intéressent pas Digitalback Books, ils n'excluent pas de travailler directement avec les auteurs dans le cas où un classique serait épuisé et que les auteurs auraient récupéré les droits numériques sur leurs oeuvres.

 

L'abonnement mensuel est proposé à 11,50 €, l'annuel à 111 €, ce qui est plus onéreux que Oyster, Scribd et Kindle Unlimited, dont l'inscription mensuelle revient à 9,99 $. Mais Gersy Ifeanyi Ejimofo souligne qu'il faut garder à l'esprit que Digitalback Books, en plus d'être une plateforme de niche au vu de son contenu et de son public, n'a pas les mêmes problématiques que lesdites plateformes. 

 

« Cela demande un peu plus d'efforts en termes de conservation et de commercialisation [...] Je ne les vois pas comme des concurrents. La base du business model est peut-être la même, mais nous avons mis en place Digitalback Books pour des raisons claires et différentes. Notre but est de créer une plateforme unique pour toutes les histoires africaines, les rendre plus accessibles et faciles d'accès, pour que les gens puissent découvrir leur histoire. Le modèle d'abonnement se prête bien aux pratiques des gens qui peuvent parcourir un livre, se plonger dedans et en sortir, plutôt que de décider de n'effectuer qu'un seul achat. »

 

Un travail en direct avec les éditeurs

 

Digitalback Books compte étendre son offre, et démarche en ce sens des éditeurs locaux, mais également européens ou américains. La Foire du livre de Londres, qui se tiendra du 14 au 16 avril, sera l'occasion de concrétiser ce désir : « Nous avons des rencontres prévues lors de la Foire du livre de Londres. Parfois, c'est facile de trouver des éditeurs qui se concentrent sur la littérature africaine ou des Caraïbes, d'autres fois, c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. [...] Les éditeurs ne font pas nécessairement cette distinction, ainsi c'est à nous de savoir quels auteurs et titres nous cherchons. Ce n'est pas aussi facile que d'aller et venir entre éditeurs et d'obtenir la totalité de leur catalogue »

 

Elle souligne que si les auteurs ne sont pas publiés à l'extérieur du continent, il leur est difficile d'obtenir la même exposition que des auteurs comme Chinua Achebe (Le monde s'effondre, aux éditions Présence africaine) Chimamanda Ngozi Adichie (Americanah, Gallimard), ou encore Wole Soyinkas (La Mort et l'Écuyer du roi, Hatier). « Nous voulons vraiment mettre en valeur la profondeur et l'étendue des écritures africaines. »