Utiliser Google et Amazon pour contourner la censure chinoise

Antoine Oury - 18.11.2013

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L'attention de la police chinoise vis-à-vis des publications sur Internet n'est plus à démontrer. Dans la récente affaire liant la banque JP Morgan et Lily Chang, la fille du Premier ministre chinois Wen Jiabao, les autorités ont encore une fois fait preuve de leur application, en coupant l'accès au site de Reuters, qui relayait l'information.

 

 

Blocked websites

TTC Press Images, CC BY-SA 2.0

 

 

Un groupe d'activistes et de militants, GreatFire, a décidé de lutter contre cette censure, et de percer une brèche dans le « Great Firewall », surnom de cette barrière plus solide que la Muraille de Chine. La méthode utilisée est bien connue : les militants créent un site miroir de celui de Reuters, relayant les mêmes données, sous une forme similaire.

 

En un mot, une copie conforme, mais stockée sur un autre serveur : il est souvent impossible de poster des commentaires sur un site miroir, mais l'information peut au moins être lue. Les activistes avaient testé cette méthode sur leur propre site FreeWeibo, qui relaie les données censurées sur Weibo, le fameux réseau social chinois.

 

Pour leur copie de Reuters, GreatFire a utilisé des serveurs d'Amazon et de Google, qui peuvent être protégés par une connexion sécurisée. Évidemment, la sécurité n'est toujours pas optimale, et la censure pourrait malgré tout s'exercer. Mais, couper l'accès des serveurs d'Amazon et Google mettrait à bas tant de sites Internet que même la censure chinoise ne peut se le permettre.

 

Reste un danger : qu'Amazon et Google, contactés par les services de censure chinois, prennent eux-mêmes la décision de couper les accès aux sites. Espérons que le souci de l'image publique préservera la liberté d'expression et d'information chinoise de ce triste sort.

 

(via The Next Web)