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Verdier en liberté, contre un système "qui n'a pas les mêmes objectifs que nous"

Clément Solym - 07.11.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - Verdier - DRM - Watermarking


Nous avons déjà évoqué la décision des éditions Verdier d'enlever le DRM de ses livres numériques au profit d'un système de tatouage numérique, le Watermarking. (voir notre actualitté) Nous avons contacté cette petite maison de qualité pour avoir plus de précisions sur cette démarche, leur crainte du piratage, ainsi que sur leur rapport au livre numérique.

 

Protect freedom eliminate DRM

 

veen, CC BY-NC-SA 2.0

 

La maison d'édition créée en 1979 et qui abrite des auteurs de premier plan comme Pierre Michon, Christian Garcin ou encore Pierre Bergounioux fait référence en matière d'exigence littéraire et intellectuelle. Il est donc d'autant plus intéressant de voir comment cet éditeur envisage la question du livre numérique.

 

Le choix de supprimer le DRM peut surprendre : on pourrait croire à des risques accrus de piratage. Emilie Thomas, chez Verdier, estime que le DRM constitue une  « barrière technique à la lecture d'un livre numérique » contrairement au marquage qui suscite plus de confiance de la part du lecteur-acheteur. Concernant le piratage, le watermarking permet d'identifier le livre et « donc de le suivre, de savoir quels circuits il emprunte, s'il est piraté. »

 

En somme, le DRM ne protège pas plus le livre numérique que le marquage qui peut parfois être plus difficile à faire sauter qu'un DRM. Cette démarche de la part de l'éditeur est intéressante, mais elle ne concerne, pour l'instant, qu'un catalogue de 12 titres. Celui-ci passera à une quarantaine d'ici un an, Verdier étant encore « dans une période de test ».

 

En effet, les lecteurs adeptes de Verdier ne sont pas pour l'instant de fervents défenseurs du livre numérique, bien au contraire. Ils préfèrent lire sur papier les livres avec leur couverture jaune distinctive. Mais l'éditeur historique ne s'est pas plié aux compromis pour ce nouveaux formats : « Récemment, Apple a donné comme condition pour être visible sur sa plateforme de vente d'arrondir le prix des epubs pour proposer aux lecteurs des "prix psychologiques"  (9,99 € au lieu de 10 € par exemple), mais nous avons refusé et avons de ce fait renoncé à être représentés. » Vécu comme « une atteinte à la liberté de l'éditeur de fixer lui-même ses prix, portée par un groupe qui n'a pas les mêmes objectifs que nous », la demande d'Apple est restée lettre morte pour Verdier.

 

Toujours est-il que cette suppression du DRM est une initiative à signaler, et que d'autres éditeurs suivront probablement le pas.