Vis ma vie en prison : "Panoptikon", 39ème nouvelle du Projet Bradbury

Neil Jomunsi - 16.05.2014

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Quoi de mieux qu'une unité de temps, de lieu et de personnage pour bien démarrer une histoire courte ? En vérité, c'est là la quintessence de la narration resserrée, une sorte de cliché narratif utilisé aussi bien pour les nouvelles que pour le court-métrage : en cela, c'est un peu un passage obligé, un exercice de style. Je ne peux pas dire que j'ai pris du plaisir à suivre mon personnage dans la cellule crasseuse et angoissante de son pénitencier.

 

Néanmoins, j'ai sans aucun doute apprécié l'idée même d'enfermement. Après tout, ne sommes-nous pas en permanence enfermés, sinon derrière des murs, au moins en nous-mêmes ?

 

Je vous présente Panoptikon, la 39ème nouvelle du Projet Bradbury :

 

cover

 

Quelques mots pour vous la présenter :

Jacob n'est pas un prisonnier comme les autres : pour une raison qu'il ignore, le pénitencier dans lequel il est enfermé est vide. À chaque fois qu'il s'endort, une assiette l'attend devant les barreaux à son réveil. Malgré les apparences, quelqu'un le surveille donc en silence.

Ce texte est avant tout une histoire d'enfermement, et les murs sont ici à prendre autant au sens physique que métaphorique. Nous vivons enfermés : dans nos boulots, dans nos vies, dans notre passé, dans nos certitudes, nos idées reçues, ce que nous pensons être nos personnalités, nos convictions. Nous évoluons entre quatre murs dont nous faisons sans cesse glisser les fondations, mais nous ne cessons de nous laisser contenir dans une boîte, quoi qu'il arrive. Peu sont capables en vérité, plutôt que de pousser les parois, d'y percer un trou et de jeter un oeil derrière.

 

Panoptikon part du principe que l'enfermement auquel nous nous croyons contraints n'est en réalité que le fruit de nos propres barrières personnelles, davantage que celles que les autres — la société — nous imposent. C'est aussi un questionnement sur les réponses à apporter au crime dans un monde où, bientôt, la sanction judiciaire se heurtera au mur de la longévité humaine. À combien d'années faudra-t-il condamner un meurtrier lorsque l'espérance de vie atteindra les 120, 130, 150 ans ? Les réponses pénales seront-elles toujours appropriées face à de tels bouleversements sociétaux, ou devrons-nous imaginer de nouveaux moyens de rendre la justice ?

 

Panoptikon est disponible chez KoboSmashwordsAppleAmazon et Youscribe pour 0,99€. Vous pouvez aussi (et surtout) vous abonner à l'intégralité des nouvelles pour 40€ et devenir mécène du Projet Bradbury. J'ai également un compte Flattr (si vous ne connaissez pas, jetez un oeil ici). La couverture est bien entendu toujours de la talentueuse Roxane Lecomte.

 

Bonne lecture !