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Watermarking et données personnelles : "Nous ne conservons rien"

Antoine Oury - 10.10.2013

Lecture numérique - Usages - watermark - Digimarc Guardian - Adobe


À la Foire du Livre de Francfort, le mode de locomotion rapidement adopté s'avère être la course, tant les invités sont nombreux, et les coursives chargées. Au détour de l'une d'entre elles, nous avons pu nous entretenir avec Eraj Siddiqui et Erik Bank, respectivement président et directeur du développement commercial de Digimarc Guardian, société spécialisée dans la pose de watermark et la protection des contenus.

De notre envoyé spécial à Francfort

 

 

Erik Bank, Eraj Siddiqui

 

 

Face aux DRMs traditionnels, simples verrous posés sur les livres numériques, restreignant nombre d'usages (prêt, lecture sur un autre appareil, impression...), le watermark, ou tatouage numérique, se présente comme une alternative plus qu'intéressante. « Le principal avantage, c'est qu'un livre tatoué peut être utilisé comme un livre papier : il est possible de l'afficher sur différents appareils, de le prêter... Le tatouage permet aussi d'éviter que des individus partagent illégalement les livres sur les réseaux, parce qu'ils savent qu'un tatouage permettra de remonter jusqu'au propriétaire », explique Erik Bank.

 

La solution, plus légère et moins restrictive, séduit les ayants droit, en leur permettant de protéger un contenu sans froisser les utilisateurs : « En Hollande », souligne même Erik Bank, « il a été décidé qu'un watermark serait posé sur les livres numériques, avec les informations personnelles de l'acheteur ». Une décision qui concerne tous les revendeurs d'ebooks, y compris Amazon.

 

L'autre versant de l'activité de Digimarc Guardian concerne la recherche des copies des ouvrages illégalement mises en ligne : « La recherche est indépendante du poseur de watermark. Par exemple, nous lançons une recherche via les métadonnées, le nom de l'auteur ou l'ISBN, pour trouver les copies pirates. Ensuite, il suffit d'y chercher le watermark », détaille Bank. Tout comme la pose de watermark, la décision appartient ensuite à l'éditeur : « En Allemagne, ils envoient souvent une demande légale de retrait, accompagnée d'une amende. »

 

La société de watermarking a été créée en 2009, sous le nom d'Attributor Guardian. Rachetée en décembre 2012 par Digimarc, elle devient Digimarc Guardian et diversifie ses activités de protection de contenus vers la vidéo, la photographie, et le texte, bien entendu, pour des clients comme Pearson ou Random House.

 

Évidemment, nous n'avons pas pu résister à l'envie d'évoquer la mésaventure d'Adobe, survenue plus tôt dans le mois : les serveurs de la société ont été piratés, laissant s'échapper dans la nature des millions de données personnelles. Données personnelles collectées par Adobe... pour déverrouiller le DRM Adobe. « Le watermark est un numéro de transaction unique, gardé par l'éditeur et le revendeur », nous précise Eraj Siddiqui, « et nous fournissons simplement celui que nous avons trouvé sur une copie pirate, pour qu'ils le confrontent à leur base de données. »

 

Sécurité optimale, donc.