Waterstones arrête la vente directe d'ebooks, confiée à Kobo

Clément Solym - 23.05.2016

Lecture numérique - Acteurs numériques - Waterstones librairies livres - Kobo Britannique ebooks - Waterstones ebook Kobo


Après avoir coupé court à son accord contre nature avec Amazon et son Kindle en octobre 2015, le libraire britannique Waterstones tire un nouveau trait sur la lecture numérique. La chaîne a décidé de cesser la vente de livres numériques depuis son propre site et renverra désormais vers la plateforme de vente Kobo. Les clients seront redirigés comme il se doit – et Kobo s’installe un peu plus dans le paysage d’outre-Manche.

 

Michael Tamblyn (Kobo) - London Book Fair 2014

Michael Tamblyn CEO de KObo - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Pour le PDG de la chaîne Waterstones, James Daunt, cette transition s’impose d’elle-même : Kobo sera en effet en mesure d’apporter au client des solutions d’achat et « une excellence de service que nous sommes incapables d’offrir ». Reproduisant un partenariat similaire à celui que les librairies WH Smith ont instauré avec Kobo, Waterstones décide donc de se recentrer plus encore sur son cœur de métier.

 

La transition pour les clients sera définitive à compter du 13 juin, et l’information commence désormais à circuler. D’ici là, les utilisateurs pourront opérer le transfert de leurs achats numériques, vers la plateforme de Kobo – le délai est malgré tout serré.

 

Pour le Canadien, devenu propriété du Japonais Rakuten en 2011, cette solution marchande représente une aubaine. Outre-Manche, Waterstones est un monstre de libraire, mais il complète surtout le tableau de chasse. Les sociétés Tesco, Sony et WH Smith ont déjà signé avec Kobo au cours des dernières années. L’arrivée de Waterstones ne mettra peut-être pas en danger la suprématie d’Amazon, mais assure au Canadien une meilleure position. 

 

Dans un communiqué, Michael Tamblyn, CEO de Kobo, fait part de toute sa satisfaction dans cet accord. « Nous pouvons aider un grand revendeur de livres papier en assurant la prise en charge des clients qui aiment aussi lire en numérique. Nous sommes impatients de faire en sorte que les clients qui ont construit leur bibliothèque de livres numériques avec Waterstones puissent en profiter, à l’avenir, avec Kobo. »

 

Pour Daunt, Kobo va fournir « une parfaite continuité » aux usagers et remplir bien mieux son rôle que ne le faisait le libraire. 

 

Des économies, et un recadrage suplémentaire

 

Notons deux choses : d’abord, l’accord survient alors que la Publishers Association, syndicat des éditeurs britanniques, a annoncé pour la première fois, une baisse du chiffre d’affaires lié au livre numérique en 2015. Un recul de 1,6 %, à 554 millions £ a été comptabilisé l’année passée – alors que depuis sept ans, le marché était en croissance, avec, certes, un ralentissement depuis deux ans. 

 

Toutefois, ce recul n’est pas nécessairement à imputer au désintérêt des Britanniques pour le format numérique. En effet, comme on l’a déjà constaté aux États-Unis, les changements contractuels opérés entre éditeurs et revendeurs ont conduit à la hausse du prix de vente des ebooks – fixé par les éditeurs. Les ebooks publiés par des maisons traditionnelles sont donc en repli, manifestement, mais on ne peut en dire de même pour les ouvrages autopubliés. 

 

L’autre élément provient de ce que Waterstones a largement revu sa stratégie en matière de numérique, pour revenir aux établissements physiques, et l’accueil des clients. Cela passait notamment par des ouvertures et fermetures stratégiques d’établissements. D’un autre côté, la fermeture du service de vente, et l’affiliation avec Kobo, permet de réaliser des économies substantielles pour l’entreprise. Gagnant-gagnant ?

 

via The Bookseller