342 heures dans les Grandes Jorasses : tragédie sur la paroi, par René Desmaison

Mimiche - 21.05.2013

Livre - Alpinisme - guide de haute montagne - Mont-Blanc


Il y a un peu plus de cinquante ans, en 1971, l'histoire avait fait grand bruit dans le Landerneau chamoniard : après quinze jours passés dans la partie sommitale de la Pointe Walker dans les Grandes Jorasses (Massif du Mont Blanc), René DESMAISON était sauvé in extremis alors que son compagnon de cordée avec qui il avait entrepris cette « Première Hivernale », Serge GOUSEAULT, était mort à quelques mètres du sommet.

 

Ce livre est le récit que René DESMAISON (1930-2007) a fait de l'échec de cette tentative tragique.

 

Des difficultés techniques énormes (glace et rocher) assorties de conditions météorologiques terribles (froid puis neige et vent) faisaient de cette tentative de « Première » un objectif cependant à la portée de ces deux grimpeurs d'exception.

 

A cette époque, je m'essayais doucement à l'escalade : cette histoire m'avait marqué car la montagne, comme me l'avaient dit mes premiers « premiers de cordée » ne pardonne pas l'erreur.

 

Le récit m'en était resté et m'en reste toujours présent à l'esprit : la montagne, et l'escalade en particulier, est une école de la vie !

 

Navré d'avoir perdu un livre culte pour moi, j'ai eu la bonne surprise de découvrir une ré-édition récente que j'ai, à nouveau, dévoré d'une traite.

 

J'ai eu la chance de rencontrer René DESMAISON aux Houches lors d'une séance de dédicace à l'été 1973. C'était plus qu'un homme. C'était un extra-terrestre, une montagne à lui tout seul ! Mon souvenir, c'est ma main disparaissant dans une pogne gigantesque quand il me l'a serrée après avoir gribouillé quelque gentillesse à mon attention sur ce livre où il racontait cette tragédie.

 

René DEMAISON a été le grand réalisateur de « Premières » mondiales fabuleuses (dont la face Nord des Grandes Jorasses deux ans après le drame mais tant d'autres aussi sur tous les grands massifs de la Terre). Il a aussi été l'un des premiers à jouer avec la publicité et le journalisme ce qui n'était certainement pas du goût de Guides Chamoniards qui ne lui pardonnaient pas non plus de ne pas être du sérail, lui qui venait de Dordogne.

 

Je lui laisse aujourd'hui encore la responsabilité de ses propos quand il raconte sa version des faits n'ayant certainement pas l'intention d'en rajouter dans une polémique dont tous les acteurs ont, de toutes façons, disparu depuis.

 

En revanche, je vous recommande cette lecture sans fard ni fioriture qui vous donnera le vertige dans ces parois verticales , qui vous gèlera les doigts dans cet enfer glacé mais qui vous permettra, peut être, d'entrevoir cette force irrépressible qui pousse des Hommes à se surpasser, à vouloir monter plus haut, là où le mensonge n'a pas cours, là où la tricherie est impossible, là où l'erreur ne pardonne pas.