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À l'heure du coronavirus, des solutions pour le journalisme

Jean-Luc Favre - 23.03.2020

Livre - Pauline Amiel - Sojo journalisme solutions - coronavirus informations


ESSAI – Pauline Amiel, ancienne journaliste professionnelle, est actuellement maître de conférences à l’École de journalisme et de communication d’Aix Marseille Université et également chercheuse auprès de l’Institut méditerranéen des Sciences de l’information et de la communication. Elle vient de publier un ouvrage intitulé Le Journalisme de solutions qui s’insère bien dans le contexte mouvementé du moment…



 
La crise sanitaire pandémique qui secoue toute la planète prend des proportions incontrôlées sur le plan médiatique notamment. Avec de légitimes suspicions à la clé : le traitement de l’information jour après jour impacte des millions de lecteurs, auditeurs et autres spectateurs d’un drame sans précédent avec des conséquences parfois qui frôlent la paranoïa à tort ou à raison d’ailleurs. 

« Les citoyens déplorent de plus en plus les mauvaises nouvelles rapportées par les journalistes, et expriment une défiance envers les médias », décrit-elle sommairement ! Et dont on peut planifier les commentaires en vertu de certains principes déontologiques qui prévalent sur une course souvent effrénée du « scoop » avec en arrière-plan l’idée de conforter la courbe des ventes dont un grand nombre de médias sont désormais friands ou plus significativement assujettis.

En face, la périodicité concurrentielle plus ou moins égale à l’information produite et relayée au quotidien — en fonction de l’ampleur surajoutée au désir inavoué de convaincre les masses sans se soucier de « l’intérêt général » bien évidemment. 

Le sujet en cause est donc à traiter avec la plus grande prudence, et tant qu’à faire avec le maximum d’objectivité si tant est que cela soit possible. « Sous un angle opérationnel » ? La question se pose en effet. 
 

L’information, droit fondamental


« Désastres écologiques, changements climatiques, guerres, attaques terroristes », instabilités et affaires politiques qui touchent de plein fouet les gouvernances. « L’actualité proposée par les médias peut rendre pessimiste pour l’avenir », surtout si l’on fait sérieusement le tour des sites de presse qui ont la prétention de donner la tendance et de se prévaloir de la meilleure opinion. 

« Suicide au travail, politique sociale en berne, violence pendant les manifestations des Gilets jaunes — Fuite d’acide d’une usine. Les sujets en “une” s’avèrent souvent déprimants. Et les partages d’avis négatifs se multiplient sur les réseaux sociaux », souvent déformés, amplifiés, voire carrément mensongers, les « Fake news » en première ligne, avec une volonté sournoise de faire monter la tension en accentuant inévitablement les peurs, jusqu’à promouvoir incidemment l’état de panique.

La crise actuelle du coronavirus en est d’ailleurs la meilleure preuve sans pour autant vouloir rentrer dans les détails d’un sujet aux multiples mesures et paradoxes et qui démontrent que l’information est bel et bien le pilier numéro 1 de l’opinion publique. Mais à qui la faute d’une telle dérive opérationnelle qui occupe les faits et les découpe à la manière d’un scénario mal écrit, avec les risques d’une pollution graduée et globalisée, selon des schémas « virtualisés » qui répondent non plus au souci intégral de vérité, mais profite à une déformation grandissante du corpus sociétal. 
 
Or, « le droit à l’information et à la critique est une des libertés fondamentales de l’être humain. De ce droit du public à connaître les faits et les opinions procède l’ensemble des devoirs et des droits des journalistes. La responsabilité des journalistes vis-à-vis du public prône sur une tout autre responsabilité, à l’égard de leurs employeurs et des pouvoirs publics ». 

On parle bien en effet de responsabilité, mais plus encore d’éthique, pour ne pas dire de morale exemplaire dont la transposition clarifiée, s’adresse à de multiples parties, concernées ou pas par le « battage (abattage) médiatique », au point de tergiverser sur de possibles solutions en les rendant obsolètes sous la contrainte d’une nécessaire économie de moyens. 
 

Qu’est-ce que le “Sojo” ? 


C’est pourquoi dans son ouvrage qui se veut à la fois essai, manuel, et méthode, sans être vindicatif pour autant, Pauline Amiel élabore différentes pistes qui sont aussi des ascendances à prendre en compte, afin de mieux percevoir et comprendre un tel phénomène « de libre accès » à la pensée dérivante. 

« Sous la forme d’une boite à outils pour le journaliste de solutions : quels sujets aborder, où chercher ses sources, comment construire son article, ses interviews » et à condition toutefois que le protagoniste, ciblé ou non, soit bien en phase avec sa propre conscience professionnelle. Et ce n’est plus toujours le cas aujourd’hui. 

Il n’empêche qu’il existe au sein de ce territoire délimité des possibilités notoires, de sortir de la « mouise » en toute probabilité d’intention sans être dans l’obligation de se flageller et faire « mea culpa », alors qu’il est souvent trop tard quand il s’agit de se disculper de l’erreur d’appréciation. 

C’est pourquoi le « Sojo » est loin d’être une mauvaise recette de cuisine semble vouloir poser les bonnes questions sous le régime d’une observance qualitative qui implique un vrai travail de fond en s’assurant « de la pérennité des réponses apportées », sans renier pour autant l’impact sur le lectorat. De ce point de vue, on remerciera son auteure de ne pas être tombée dans l’autosuffisance de ton. 

Avec un ouvrage qui permet au contraire d’y voir un peu plus clair sur les pratiques journalistiques, et de sortir adroitement du nombrilisme de rigueur dans la profession. Le journalisme est en effet une cause et pas seulement un fait pour quelques attardés d’une gloire mal acquise et forcément tronquée. Positivons donc, tout en laissant le choix de la méthode et des mots ! C’est de bonne guerre, je crois ! 

Pauline Amiel – Le journalisme de solutions – PUG  – 9782706146619 – 16 €


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