À mains nues, dévoiler le désir des femmes

Auteur invité - 22.04.2020

Livre - A mains nues - Amandine Dhee - Contre-Allée


ROMAN FRANCOPHONE - Il y a depuis quelque temps comme un printemps de l’écriture féminine (si tant est qu’on postule sa singularité). Fleurit dans la foulée toute une littérature qui explore l’être femme. Rares sont cependant les autrices qui trouvent spontanément le ton juste, entre la plainte, la colère et le féminisme exacerbé. Amandine Dhée déjoue ce piège et livre avec À mains nues avec un texte emballant sur le désir féminin.
 



La femme brouillon (le titre de son précédent ouvrage consacré à la maternité) a avancé dans la vie et expérimente dans sa chair et dans son être les chausse-trappes tendues par l’éducation et la société, bref les « autres », qui imposent ces normes auxquelles toute femme se confronte.
 
En toute ambiguïté, puisque, comme le reconnaît Amandine Dhée, celles-ci sécurisent autant qu’elles enferment. Son expérience de quarantenaire deux fois mère, mais aussi celle d’une communauté de femmes amies avec qui, on imagine, elle entretient de passionnantes discussions, s’incarne dans un récit à la première personne qui déjoue la question de l’autobiographie.
 
Même si la jeune femme avoue son urgence à écrire sur le sujet, il ne s’agit pas pour elle de se poser en victime, mais de questionner une forme de consentement personnel et social qui fait que la femme met depuis toujours son désir sous le boisseau. Et partant, d’inviter les lectrices (et espérons-le, les lecteurs) à une prise de conscience.
 
« Mettez votre intelligence et votre énergie au service de vos propres désirs », enjoint-elle, dans un texte dont l’oralité contribue au sentiment d’intimité partagée. Issue du spectacle vivant, Amandine Dhée en joue délibérément. « Je lis d’ailleurs mes textes à voix haute quand j’écris », explique-t-elle. Celui-ci prend vie dans une lecture musicale qui va tourner dans la région et ailleurs. Un autre exercice que la rencontre littéraire, qui fait résonner plus encore un texte fort.
 
Marie-Laure Fréchet

Amandine Dhee – À mains nues – La Contre-Allée – 9782376650553 – 16 €
   



Commentaires
Mais qu'est-ce que c'est que cette accroche où on reproche à des romans leur "féminisme exacerbé" ? Et pourquoi pas leur "hystérie" tant qu'on y est ? Est-ce qu'on irait reprocher à un homme écrivain de trop mettre en avant sa virilité portée comme un étendard ?(Il faudrait mettre beaucoup de classiques à l'index !) A une fable écologique d'être trop écolo ? A un livre sur la condition ouvrière d'être trop socialiste ? Au secours ! Et vlan, une belle claque envers les femmes que ce livre est censé mettre en valeur ! Et je ne reviens pas sur l'idée d'une "écriture féminine"! Ça vous viendrait à l'idée de parler "d'écriture masculine" quand un homme écrit sur sa condition d'homme ? Ah, non, c'est vrai, je suis bête, l'homme est universel, la femme n'est qu'un morceau de côte... Dans le genre on enfile les clichés comme des perles... Et en plus c'est une femme qui signe l'article. Oh là là, y a du boulot...
Des reproches évidents ou plus feutrés,implicites, adressés aux écrivains hommes,on en trouve à foison !

J'en ai lu plein.

Parfois justifiés,parfois moins mais cela existe.

On a le droit de garder un esprit critique honnête donc panoptique.



PITIÉ en pleine crise que nous savons aux conséquences dramatiques et pas seulement sanitaires,on ne va pas relancer l'agressivité entre les sexes...!

Pas besoin de cela et j'ai pour ma part apprécié cette chronique de Marie-Laure Fréchet.

Qu'ActuaLitté reste un site pour les fans des livres et de la littérature !

De grâce !

Il y a assez de forums pour les sujets de société où on s'écharpe en permanence.

Vraiment j'en ai assez (même s'il est vrai qu'on s'en moque, ce que je comprends très bien !).

Pas envie de trouver ces querelles acides et agressives en permanence sur mon site favori dont ce n'est pas du tout la vocation,je pense.

Bonne sortie PAISIBLE de votre confinement le 11 mai !

CHRISTIAN NAUWELAERS
Heureusement que l'on critique au sens "dur" les livres des hommes ! Je ne comprends même pas qu'on puisse écrire une phrase pareille. Et la critique n'est évidemment pas toujours juste. En revanche,je ne vois pas en quoi la "situation sanitaire" nous obligerait à mettre de côté, justement, notre esprit critique. Pensez-vous qu'il faille aussi confiner la pensée ? Et il ne s'agit nullement "d'agressivité entre les sexes" puis que l'autrice du livre, celle de la critique et moi-même appartenons au même... La dualité induite dans votre propose viendrait-elle alors de... vous ? J'avoue que je suis assez perplexe mais bon, passons. Quant à Actualitté, qui est justement un site de qualité, critiquer les articles me semble rendre hommage à leur sérieux ! S'il s'agissait d'un site "avis de consommateurs" je ne perdrai pas mon temps à poster un commentaire. La personne qui a écrit cette critique est une professionnelle, pas une critique du dimanche, elle mérite donc qu'on la lise avec sérieux, et je souhaite juste lui faire entendre quelques remarques sur des éléments de langage malencontreux, car réfléchir aux mots et expressions qu'on emploie est une chose capitale. Comment exercer le métier de critique ou d'écrivaine autrement ? Si vous n'avez pas envie de lire ce genre de choses, cher Christian Nauwelaers, ne lisez pas les commentaires... Bon déconfinement cheese
Est-ce qu'une femme a le droit de dire tout haut qu'elle préfère fréquenter les hommes que les femmes? Nous sommes fatiguées de cette agressivité, de ces plaintes éternelles, de cette assommante victimisation, on n'en peut plus de ce climat de guerre contre les hommes. Tout cela à cause d'une phrase de Simone de Beauvoir: "On ne naît pas femme, on le devient!" (à mon avis la phrase la plus imbécile du 20me siècle).

Revenons à notre origine commune avec les hommes et cessons d'incriminer la Bible pour cette mauvaise traduction: "la femme est sortie de la côte d'Adam". L'explication de cette erreur d'interprétation est à vérifier chez Delphine Horvilleur, rabbin. Tout le monde peut comprendre ce qu'elle dit aux femmes, même les féministes. Et si elles ne sont pas convaincues, qu'elles aillent se plonger dans les mythes grecs, les déesses sont toutes, sans exception, des femmes extraordinairement fortes.Antigone la résistante, Aphrodite la beauté raynonnante, Artemis la chasseresse des prédateurs,Pandore qui couve jalousement l'Espoir de l'humanité, Arachné qui osa défier la jalousie d'Athena, Pénélope défaisant toutes les nuits sa toile pour rester fidèle à Ulysse, fidèle à sa parole et à son amour...

Qu'est-ce qui nous est arrivé, nous les femmes du 20me et 21me siècle pour se complaire dans cette rage ou colère contre les hommes? Ils ont des qualités que nous n'avons pas mais nous avons de magnifiques trésors qu'ils n'ont pas.

Pour ma part, j'ai CHOISI d'être femme, heureuse tous les jours de l'être, heureuse d'être différente mais amie des hommes, j'aime leur compagnie, leur intelligence, leur force créatrice, je les observe,j'ai de la tendresse pour leurs faiblesse et de l'amour pour leur force.

Etant moi-même un peintre, créateur d'une oeuvre depuis 60 ans,je reconnais n'avoir pas un gramme de testostérone dans le sang,ce qui n'a pas facilité ma carrière, mais j'ai autre chose que je garde jalousement pour moi....
Excusez-moi mais l'agressivité entre les sexes peut supposer une animosité de certaines femmes envers d'autres eu égard à cette espèce de guerre des sexes ouverte ou larvée qui malgré tout n'est pas absente de la vie sociale actuelle.

Il existe des querelles entre des féministes d'obédiences diverses etc.

Comme pour les hommes entre eux, ou des conflits ou tensions hommes-femmes.

Lorsque l'harmonie règne,c'est mieux évidemment et c'est trop rare.

Et ce n'est certainement pas moi qui m'attaquerais à l'esprit critique dont je suis justement un fervent partisan.

Je combats l'esprit moutonnier qui prévaut trop souvent.

Enfin je suis libre, j'espère, d'apprécier la chronique de Marie-Laure Fréchet et de l'exprimer,même en prenant un peu sa défense.

C'est ma liberté égale à la vôtre -ni supérieure ni inférieure: égale.

Simplement égale.

Je lis tous les commentaires et ce dont je n'ai aucune envie, c'est de m'interdire de lire des propos auxquels je n'adhère pas !

C'est l'exact contraire de mon mode de fonctionnement intellectuel.

Figurez-vous que je n'aime passionnément que la liberté,que mon esprit n'est pas sous cloche et que je ne suis membre d'aucune secte.

Le déconfinement sera effectif quand les lieux publics rouvriront et ce n'est pas encore prévu...

Voilà bon déconfinement à vous également.

CHRISTIAN NAUWELAERS
Ma première réponse (23 avril) était bien sûr adressée à Carine Chichereau, pour éviter toute confusion.

Celle-ci à Yoco: je ne vous connais pas du tout,je ne sais qui vous êtes, vous devriez donner votre nom je trouve mais enfin c'est votre choix.

J'aime votre message,il est si juste et même magnifique !

Quel plaisir de lire cela ! Merci !

CHRISTIAN NAUWELAERS
Cher Christian, ce que vous écrivez me réjouit, car nous sommes en réalité sur la même longueur. La liberté et l'égalité, sous toutes leurs formes sont les choses les plus importantes pour moi. Revenons à l'essentiel, qui est de lire le livre d'Amandine Dhee bien sûr. Mon propos, à l'origine, consiste à montrer que dans le discours de tous les jours, de vieux résidus sexistes peuvent se glisser sans qu'on s'en rende compte (cela peut être aussi parfois raciste, etc. vous voyez ce que je veux dire). C'est tout. Faire prendre conscience, pour que les gens sachent, voilà ce qui compte pour moi. Vous détestez l'esprit moutonnier, et moi aussi. Bien sûr. Rien de mieux pour conduire aux pires excès et, justement, aux dénis d'égalité et de liberté. Bref. Gardez surtout votre esprit libre, bien amicalement, Carine
Chère Yoco, je défendrai toujours le droit des femmes à dire ce qu'elles pensent, à fréquenter qui elles veulent, hommes ou femmes, et de manière plus générale, le droit des hommes, des femmes, des non-binaires, etc, à vivre la vie qu'ils et elles veulent, tant que cela se fait dans le respect de l'autre. Je ne suis jamais dans la plainte, j'ai horreur de ça, et moins encore dans la victimisation. J'ai la chance d'avoir été suffisamment protégée en tant que femme pour n'avoir pas été réduite à haïr les hommes. Je suis pour la paix, pas pour la guerre des sexes, mais vous conviendrez, quand on dénombre les victimes, que ce ne sont pas les femmes qui font la guerre, mais bien les hommes qui tuent. Les chiffres sont là, vous ne pouvez le nier.

La référence biblique était bien entendu une boutade !

Je suis très contente pour vous que vous ayez choisi d'être femme, je pense qu'il est assez rare d'avoir le choix. Par contre quand vous parlez des qualités qu'ont les hommes et pas les femmes, je ne vois pas de quoi vous parlez. Des muscles peut-être ? Mais est-ce là une qualité ? Peut-être après tout, c'est vrai que j'ai souvent regretté de ne pas en avoir plus pour casser la gueule à certains qui s'étaient permis avec moi des privautés que je n'avais pas autorisées. J'espère que, en tant que femme, vous avez échappé à ça. Enfin, chère Yoco, sachez que je tiens sur Facebook une chronique quotidienne des artistes françaises, et je serai heureuse de vous y faire figurer (vous me trouverez facilement grâce à mon nom). Mon propos étant que les femmes, dans le monde artistique, ont été largement méconnues (triste expérience dont vous avez semble-t-il fait les frais également), je cherche donc à les faire ressortir de cette anonymat injuste. Or justement hier, j'ai mis en avant Hélène de Beauvoir, la soeur de celle que vous citiez au début... Bien amicalement, au plaisir de découvrir votre oeuvre,

Carine
Bonjour,

Merci pour votre gentille réponse et ravi que nous puissions nous entendre.

D'après votre message, je suis d'accord avec vous à 90% disons.

Et à 100% avec Yoco.

Il ne faut pas en arriver à une guerre des sexes calamiteuse et certaines personnes des deux sexes (je ne vois pas pourquoi il faudrait bannir le mot «sexe» car nous avons un sexe,et de naissance) -donc des gens s'y livrent ou la souhaitent;vous ne pouvez le nier et personnellement j'ai horreur de cela !

Et autre petite remarque: il y a la violence physique beaucoup plus masculine que féminine,c'est vrai -avec des exceptions mais largement minoritaires: c'est évident.

Mais certaines femmes sont capables de faire beaucoup,beaucoup de mal,que ce soit à des hommes ou à d'autres femmes, bien loin de tout idéal de «sororité»,de fraternité ou de simple humanisme.

Certes,celles et ceux qui font du mal à leur prochain (qui perd à leurs yeux sa qualité de prochain)peuvent avoir leurs raisons...

Des traumatismes anciens,une éducation défectueuse, des expériences traumatisantes...

Frappant de constater que pas mal de violeurs furent eux-mêmes victimes d'un viol et restent dans un cycle ultranégatif.

Et puis la passion de la vengeance...

Pensez à ce roman «Baise-moi» de Virginie Despentes, une histoire de meurtres et de sauvagerie de la part d'une auteure ou autrice qui fut victime de viol elle-même.

Je crois qu'elle a évolué depuis...

Et donc il est dur de ne pas sombrer dans la misogynie ou la misandrie pour qui a souffert par la faute d'autrui, surtout à un âge tendre où on ne peut encore se défendre !

Nous ne vivons pas dans un monde de bisounours.

Mais il faut croire à l'humanisme et tenter de tirer la planète ou simplement soi-même vers le haut !

Et pour cela je crois fort à la vertu des belles rencontres positives que la vie nous accorde parfois -à nous de garder une capacité d'ouverture malgré les traumas et humiliations que l'on a pu endurer.

Que cela ne referme pas toutes les portes...

J'espère que nous sommes d'accord ainsi ?

Il existe de nombreuses artistes féminines que j'adore et je suis prêt à l'occasion à en témoigner sur votre site (des chanteuses de différentes générations...et certaines journalistes de haut niveau comme l'excellentissime Natacha Polony !).

Cordialement !

CHRISTIAN NAUWELAERS
Rectification: «...qui perd à leurs yeux...», pas: à ses yeux,désolé !

Une coquille !

CHRISTIAN NAUWELAERS
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Pour approfondir

Editeur : La Contre Allee
Genre : littérature
Total pages : 144
Traducteur :
ISBN : 9782376650553

À mains nues

de Amandine Dhée

Dans À mains nues, Amandine Dhée explore la question du désir à la lumière du parcours d’une femme et de ses expériences sexuelles et affectives. Comment devenir soi-même dans une société où les discours tout faits et les modèles prêts à penser foisonnent ? La narratrice revisite toute sa vie, de l’enfance à l’âge adulte et se projette à l'âge de la vieillesse.La réflexion féministe apparaît à chacun de ces âges de la vie.

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