A vos marques ! Nouvelles sportives

Cécile Pellerin - 14.02.2014

Livre - sport - nouvelles


Dans la catégorie des Folio à deux euros, paraît cette fois-ci un ensemble de courts textes (poèmes, nouvelles, notes) sur le sport. De Gustave Flaubert à Marcel Aymé, en passant par Ernest Hemingway, Jean-Bernard Pouy ou Philippe Delerm, chaque écrivain apporte un point de vue, une histoire, une réflexion, mettant en scène un sportif, une équipe, une manifestation sportive ou un sport plus globalement et propose au lecteur une représentation originale, souvent distrayante, parfois inattendue, drôle ou grinçante, exaltée ou désenchantée, passionnée de la pratique sportive de tous niveaux.

 

Ainsi, que l'on soit sportif amateur ou professionnel ou même non sportif, ces onze textes donnent une image plurielle et finalement assez actuelle du sport, valorisant d'un côté l'esprit d'équipe, le goût de l'effort, le dépassement de soi,  la solidarité, le respect de soi et de l'adversaire, les règles du jeu… (José-Maria de Hérédia,  Paul Morand, Ernest Hemingway, jean-Bernard Pouy) et de l'autre interrogeant sur l'esprit de compétition, la recherche de la performance, l'individualisme, le star-system… (Philippe Delerm,  Denis Grozdanovitch,  Francis Ponge) sans jamais se départir d'un ton souvent humoristique, parfois décalé, jamais trop sérieux, en tout cas, absolument divertissant.

 

Des textes au sein desquels on vibre, on s'attache aux personnages, à l'aventure humaine du joueur, où l'on perçoit que le sport peut mener à tout, même à une élection politique, qu'il peut être cruel, excessif ou déroutant, qu'il crée toujours de l'émotion et de l'action, confronte l'être humain à ses peurs, ses angoisses et fragilités, éveille  finalement sa capacité à vivre en société.

 

Au-delà de tout message moral ou philosophique, ces textes s'apprécieront surtout et principalement par leur finesse d'écriture, leur force romanesque, leur style parfois délicieusement suranné et leur tonalité, dans l'ensemble, plutôt légère, sans prétention si ce n'est d'amuser d'abord.

 

C'est certain, le sens de l'observation et du détail de Philippe Delerm saura vous interpeller, comme la rivalité politique des deux candidats du canton de Castalin qui entraîne les habitants à choisir entre le rugby et la gymnastique vous amusera et vous ne pourrez demeurer insensible à La nuit des six-jours de Paul Morand ni au combat de boxe relaté par Hemingway dans Cinquante mille dollars et rêverez d'aider l'entraîneur Félix à gagner le match. Même le coureur de  José-Maria de Hérédia imposera votre respect.

 

Des textes faciles à pénétrer, qui ne vous donneront pas forcément envie, ensuite, de chausser vos baskets ou d'enfiler votre survêt' ni même de vous poster devant un match de tennis télévisé mais il ne serait pas surprenant que la curiosité vous pousse, malgré tout, à aller voir plus loin, chez d'autres écrivains notamment, comment le sport occupe une large place dans la littérature.

 

 Et là, il va y avoir du sport :  De Dumas à Genevoix, en passant par Frison-Roche, Malaparte, Pérec, Handke mais aussi Oates, Enquist, Fottorino, Murakami ou Echenoz, la liste est longue (et bien incomplète) et la compétition pour les départager promet d'être rude et d'un niveau élevé.