ROMAN FRANCOPHONE - « Les enfants on leur doit tout, madame Blondel. Et eux ils nous doivent rien. Ils n’ont pas demandé à naître. » C’est l’amour inconditionnel, tout autant que le sacrifice de sa propre vie sociale et amoureuse, d’un fils à sa mère, pour vénérer de sa présence cette femme entière, drôle, dévouée et possédant cette qualité propre aux gens de l'exil : la bienveillance et une abnégation qui force le respect.
 

 
C’est un hymne à la mère d’un fils aimant, d’un amour inconditionnel pour une femme veuve : il raconte sa mère qui s’éteint sous son regard, en compagnie des mots de Balzac qu’elle affectionne tant. Une mère émouvante, drôle, opiniâtre et quelques fois capable de saillies poétiques.
 

Vous vous demandez sans doute ce que je fais dans la chambre de ma mère. Moi, le professeur de lettres de l’Université catholique de Louvain. Qui n’a jamais trouvé à se marier. Attendant, un livre à la main, le réveil possible de sa génitrice. Une maman fatiguée, lassée, ravinée par la vie et ses aléas. La Peau de chagrin, de Balzac, c’est le titre de cet ouvrage. Une édition ancienne, usée jusqu’à en effacer l’encre par endroits.
Ma mère ne sait pas lire. Elle aurait pu porter son intérêt sur des centaines de milliers d’autres ouvrages. Alors pourquoi celui-là ? Je ne sais pas. Je n’ai jamais su. Elle ne le sait pas elle-même. Mais c’est bien celui-ci dont elle me demande la lecture à chaque moment de la journée où elle se sent disponible, où elle a besoin d’être apaisée, où elle a envie tout simplement de profiter un peu de la vie. Et de son fils.

 
C’est ce fils qui donne sa voix à celle qui ne possède pas la langue française ni ne maîtrise les mots, mais qui sait leur importance. Le langage silencieux fait de gestes, de regards et d’actions existe : la bienveillance, ici, devient parole. Telle est cette mère arrivée en France comme en exil.
 
Car Rachid Benzine témoigne d'un temps où les immigrés sont venus construire ici une vie meilleure, et ont dû affronter la barrière linguistique et sociale. Que reste-t-il lorsqu'on n'a pas les mots?
 
C’est la Mama d’Aznavour, matrice nourricière, dévouée, portée par la volonté de réussite de ses enfants. Émouvante, drôle, imperturbable. Mais autour d’elle, maintenant, ils ne sont pas tous là. Seul, il reste, le dernier de la fratrie. La mère protègera ses enfants jusqu’au bout en évitant les confessions de sa vie difficile.
 
Pagnol écrivait que les joies étaient vite effacées par d’inoubliables chagrins qu’il fallait taire aux enfants.
 
Ainsi est le récit du fils aimant.
 
Rachid Benzine - Ainsi parlait ma mère - Seuil – 9782021435092 – 13 €
 


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Pour approfondir

Editeur : Seuil
Genre : littérature
Total pages : 96
Traducteur :
ISBN : 9782021435092