Album fifties : Les socquettes blanches

Eli Esseriam - 27.08.2013

Livre - années 50 - hommage - vincent cuvellier


Les Socquettes Blanches, c'est le nom d'un gang de grenouilles (ou plutôt têtards) de bénitier. Dans cette ribambelle de filles, il n'y a que des Thérèse en col claudine et jupes plissées, droites comme des cierges et qui sentent bon l'eau bénite. Les Thérèse sont sages comme des vitraux et, évidemment, aiment leur prochain. Enfin, sauf quand le prochain en question fait partie de la bande ennemie chapeautée par le fameux Tatave: les Chats Crevés.

 

Ceux-là, ce ne sont que des vauriens, des crasseux, des dégoûtants, qui passent leur temps les doigts dans le nez et les pieds dans le terrain vague d'à côté. Alors, quand une des Thérèse se fait shampouiner avec un oeuf pas bien frais, la guerre est déclarée. Sauf qu'il va falloir faire une trêve, le temps de s'allier contre un adversaire commun: un promoteur immobilier, bien décidé à s'octroyer cabane et terrain vague...

 

Avec Les Socquettes Blanches, Vincent Cuvellier (qu'on ne présente plus et qu'on aime beaucoup) nous ramène dans la France de 1946, imprégnée pour l'occasion d'une atmosphère très “Guerre des boutons”. Tant mieux, car comme ce dernier classique, les aventures de Thérèse et Tatave sont parfaitement efficaces !

 

Le récit, très fourni, et fait tour à tour par les deux chefs rivaux, est drôle à souhait et, ce qui ne gâche rien, admirablement illustré. Alexandra Pichard a su en effet s'imprégner totalement du style et des couleurs de l'époque pour restituer un ouvrage « fifties » plus vrai que nature. Encore un ouvrage joliment rétro qui, à n'en pas douter, séduira jusqu'aux plus réticents. Promis !