Album téléphobe : Les sornettes de Guillemette

Charlotte Mada - 20.12.2013

Livre - télévision - imagination - histoires


Imaginez un monde dans lequel quand on ne se parle, c'est à mi-voix, quand les enfants jouent, c'est en cachette, et quand les gens dorment, ils ne rêvent pas. Quel ennui ! pensez-vous. Mais pas du tout puisque chaque foyer possède une petite boîte carrée qui diffuse des images sans discontinuer. Cependant, dans ce village, une maison échappe à la règle : celle du boulanger, dont la boîte carrée est en panne. Est-ce lié ? On ne le sait pas, mais Guillemette, la fille du boulanger, invente en permanence plein d'histoires.

 

Malheureusement, ses sornettes ne sont pas du goût de tout le monde et les clients commencent à déserter la boulangerie. Guillemette décide alors de partir sillonner la planète pour voir ce qui s'y passe. Jusqu'à ce qu'elle découvre, au beau milieu de la grande forêt d'Âme-à-Zombie, la machine qui nourrit en histoires les petites boîtes carrées du monde entier…

 

Gwendoline Raisson s'attaque, dans Les sornettes de Guillemette, aux méfaits de la télévision. Si les livres et les histoires développent l'imaginaire et favorisent les relations entre les gens, la télé restreint l'imagination et renferme sur soi. Heureusement, Guillemette n'est pas prête à rentrer dans le carcan et, après être elle-même passée dans la petite boîte carrée, elle parvient à se faire entendre des gens qui se laissent contaminer par sa rêverie et sa fantaisie.

 

Les illustrations de Sandra Poirot-Cherif, qui mêlent scènes réelles et personnages inventés par Guillemette, invitent aux voyages – couleurs vives, horaires de train, pages de cahiers d'écoliers… – et s'allient au texte poétique et plein d'inventivité de Gwendoline Raisson pour nous rappeler qu'il n'y a rien de mieux que de se raconter des histoires.