Âmes volées : une enquête mouvementée de l'inspecteur Lennon

Xavier S. Thomann - 05.12.2013

Livre - Stuart Neville - Belfast - Irlande du Nord


Noël. Belfast, Irlande du Nord. Alors que la ville s'apprête à célébrer les fêtes de fin d'année, une série de crimes réunit police locale et gangsters venus des pays de l'Est. Tout commence lorsque Galya, une jeune Ukrainienne vendue comme prostituée, tue le frère d'Arturas Strazdas. Ce dernier est à la tête d'un important réseau de prostitution. Bien sûr, les choses ne vont pas en rester là. Arturas va chercher à venger la mort de son frère. 

 

Rien ne se passe comme prévu, tout tourne au plus mal. En quelques heures, les cadavres s'accumulent. Et la police, si elle a bien une petite idée de ce qui se passe, manque de preuves. C'est sans compter sur l'acharnement de l'inspecteur Jack Lennon. Ses difficultés d'ordre privé n'ont en rien entamé ses qualités de policier, même s'il suit un peu trop son instinct, sans toujours faire preuve du plus grand discernement. « Lennon savait qu'il s'était comporté en imbécile toute sa vie, mais cela ne l'avait jamais arrêté. » 

 

Ce n'est la première apparition de ce personnage : Âmes volées est le troisième volet de la Trilogie de Belfast. Stuart Neville a entamé celle-ci avec les Fantômes de Belfast (2009) et Collusion (2010), deux titres que l'on retrouve en version française chez Rivages. 

 

Bref, ce n'est pas Noël pour tout le monde. L'homme de main de Strazdas, les flics, corrompus ou pas, ils sont tous à la recherche de Galya qui s'est comme volatilisée. Ne sachant où aller ni à qui se confier, elle a accepté l'aide d'un certain Billy Crawford, son premier « client », qui s'est présenté comme un homme de foi. Il va se révéler bien plus dangereux que ne laissent le penser les apparences. 

 

L'action se concentre sur une durée réduite. C'est une course perpétuelle contre la montre. L'écriture de Neville le rend bien, le récit avance à une cadence élevée, mais sans laisser le lecteur sur le bord de la route. Il y a largement autant d'action que dans n'importe quel film d'action hollywoodien, à la différence qu'ici les personnages sont travaillés (donc crédibles), les dialogues accrocheurs et l'ensemble extrêmement bien ficelé. Une montée en tension très efficace se fait au fur et à mesure que les choses progressent. 

 

Au final, c'est une sorte de huis clos, mais à l'échelle d'une ville. Sans que le rythme effréné de la narration en pâtisse, Neville parvient à rendre à la perfection l'atmosphère inquiétante de Belfast, une ville marquée par les conflits et les tensions. « La grisaille, la pluie, la haine, il y avait quelque chose ici qui vous tapait sur les nerfs » remarque Herkus, le chauffeur d'Arturas.