Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Anouk et le lapin bleu : une histoire d'amitié sur les murs d'Oslo

Florent D. - 29.08.2017

Livre - street art jeunesse - histoire amitié enfants - animaux fantasy Norvège


Alice et son lapin blanc n’auraient pas à rougir de ce qu’Anouk et son camarade bleu à longues oreilles puissent s’inscrire dans leur continuité. Mais au lieu du conte exquis et farfelu de Lewis Carroll, cet album renoue avec une forme de roman photo. Et en guise de personnages, les murs de villes...

 


 

 

Le street art a définitivement acquis ses lettres de noblesse : avec Banksy, devenu un représentant de cette culture de rue, les médias s’intéressent aux réalisations, aux projets. On admettrait même qu’il y a du talent – pour le génie, il y a encore loin de la coupe aux lèvres... 

 

Anouk et le lapin bleu aura a ce titre un double avantage : d’abord, c’est un bel ouvrage, qui parcourt des lieux de la ville d’Oslo (Norvège), proposant de suivre les œuvres d’un collectif – Martin Berdhal Aamundsen et the Stupid Mammals. 

 

On y croise de nombreux jardins d’enfants, et une librairie, notamment en suivant les pérégrinations d’Anouk. D’ailleurs, point notable, aucun mur n’a été streetartisé sans le consentement des différents acteurs de la ville concernés. En clair, les artistes étaient pleinement autorisés à mener leur projet. Peut-être une différence notable avec ce que Banksy ou d’autres peuvent faire.

 

Mais voici : Anouk a 6 ans, elle vient d’emménager dans un nouveau quartier, et ne connaît personne. Évidemment, comme toutes les petites filles, elle voudrait trouver des amis pour jouer et s’amuser... Et au milieu du brouhaha que font les enfants, apparaît un lapin bleu.

 

Malheur ! Elle est seule à le voir et les autres enfants se moquent d’elle quand elle tente de leur présenter son nouveau compagnon. Et la voici bien triste, jusqu’à ce qu’elle rencontre Paul, le garçon le plus fort de sa classe, qui non seulement peut voir le lapin bleu d’Anouk, mais en plus, lui présente son hippopotame vert.

 

L’histoire d’Anouk évoque tout à la fois l’amitié, la solitude, la différence, mais avec une approche basée sur les réalisations de street art qui offrent un nouveau langage. Cette narration reposant sur un décor urbain a quelque chose d’irréel et de plus magique encore. 

 

C’est une certaine sensibilisation à l’art de rue qu’il propose – et il faudra encore expliquer aux enfants pourquoi ils n’ont, eux, pas le droit d’écrire sur les murs de leur chambre. D’ailleurs, deux pochoirs sont fournis – un lapin et un hippopotame, évidemment – pour inviter les enfants à reprendre l’histoire et s’emparer de ces animaux merveilleux.

 

Anouk et le lapin bleu est un beau livre, capable de captiver les jeunes lecteurs, et prétexte à bien des conversations que les parents pourront entretenir. Une petite douceur, particulièrement agréable.


 

Collectif, trad. Isabelle Canuel-Roy – Anouk et le lapin bleu – Huginn & Muninn – 9782374930800 – 12 €

 

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