Appartenance, Ron BUTLIN

Clément Solym - 24.03.2008

Livre - appartenance - Ron - Butlin


Leur réponse positive à une petite annonce cherchant « Homme à tout faire et Femme de ménage » pour s’occuper d’une résidence de luxe dans les Alpes françaises, a conduit Anna et Jack à quitter leurs activités respectives de puéricultrice et de « bricoleur » à Édimbourg Écosse) pour aller s’installer dans la loge de gardien mise à leur disposition.

Ensemble depuis quelques mois seulement, leur isolement relatif en amoureux n’est que très peu dérangé tant les visites des propriétaires sont rares.

Jusqu’au jour où l’un d’entre eux débarque au volant d’une Ferrari et au bras d’une fille bien plus jeune que lui, à un point tel qu’il paraît à Jack qu’elle pourrait en être la fille.

Le lendemain de leur arrivée, un appel téléphonique conduit Jack à aller dans l’appartement du couple, non pas pour un problème de chauffage comme il l’a d’abord compris, mais, comme il le découvrira sur place, pour trouver « Monsieur Ferrari » mort sur le balcon des suites d’une glissade sur un entassement de neige gelée qui l’a envoyé s’exploser la tête contre la porte vitrée.


Alors là, je vous arrête tout de suite.

Si vous pensez, comme je l’ai fait, que vous êtes partis pour un bon petit polar « de derrière les fagots » avec Monsieur Ferrari embringué dans des histoires sordides et mené par le bout du nez par une jeune fille facile, merveilleuse actrice, manipulée par des forces cachées que la police finirait par dévoiler au grand jour, alors vous avez tout faux.

Il y a bien des policiers, mais si peu.

Et la mort est avérée ainsi que Thérèse, la fille, l’a racontée.

Non, non ! Rien à voir avec une série noire bien que d’autres décès viendront émailler le récit.

Du coup, j’ai ressenti un certain passage à vide dans l’histoire. Et il a fallu quelques (petits) chapitres à Ron BUTLIN pour se ressaisir et me ramener dans son bouquin. Afin de nous promener de Paris en Espagne dans des situations qui paraissent décalées et à la limite de l’ubuesque quand elles ne confinent pas à la folie des gens comme des lieux, et nous entraîner à vivre des vies marginalisées qui s’écoulent dans la lenteur, la chaleur et la monotonie alors que des informations radiodiffusées crachent la guerre au Moyen Orient et le Terrorisme International : ailleurs, un autre monde.

Des obsessions et des angoisses mortelles vont se succéder et broyer menu les divers protagonistes dont les pauvres vies continuent de chercher (mais chercher quoi) à la frange d’un désert qui n’a rein d’un Paradis !

Finiront-elles par s’y trouver ? Rien n’est moins sûr.