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Armes et bagages : Journal des Brigades Rouges, Enrico Fenzi

Clément Solym - 29.05.2008

Livre - armes - bagages - brigades


On se demande comment peut-être rapportée une histoire sur un passé compromis et entaché de sang. Enrico Fenzi témoigne ici de son vécu au sein des Brigades Rouges. D’un passé troublant, on ne sait de quelle façon saisir ses propos. Toute la difficulté réside dans la part des choses à réaliser entre son propre vécu ancré dans l’histoire en toute objectivité et les conclusions qu’il a pu en dégager, tirant forcément vers le subjectif et le pathos.

L’intérêt des propos de M. Fenzi réside dans une vie dédiée au groupuscule des brigades rouges et les différentes “vies” qu’il y a vécues ou même subies. Jeune universitaire, il est contacté par ce groupe d’extrême gauche dont les idées le séduisent. Non candide pour autant, Enrico Fenzi sait pertinemment que les brigades rouges mettent en oeuvre des actions terroristes: attentats, enlèvements…ce qu’ils désignent communément par « la propagande par le fait » pendant les années de plomb italiennes (années 70).

L’auteur met l’accent sur l’approche du mouvement, les idées qui s’y organisent et les actions qui s’y créent. Tout d’abord présenté comme un simple partisan, comme participant à des rencontres clandestines et des mouvements ouvriers, son univers va se transformer à partir du moment où le groupe va définitivement s’engager dans la lutte armée (l’État italien va refuser de reconnaître le mouvement comme la communauté internationale l’avait fait pour l’OLP – Organisation de Libération de la Palestine).

Ensuite emprisonné, il rapporte ces faits quotidiens, les réunions plus ou moins cachées entre prisonniers issus des brigades rouges, sa vie en prison, sa correspondance… De là, un éclairage sur sa vie familiale est apporté. Comment vivre une vie de mari, de père voire d’amant derrière les barreaux ?

Libéré ensuite une première fois, il entretient ses liens et s’investit d’autant plus dans le groupe terroriste que celui-ci se radicalise. Une vie d’errance faîte de planques et d’actions directes impliquent un jeu de chat et la souris avec les autorités, la nécessité d’embrigader de nouvelles têtes…

Il y a une certaine force dans les propos rapportés par M. Fenzi lorsqu’il traite des milieux carcéraux du nord au sud de l’Italie. Une société dans la société. Tout s’organise en prison, une hiérarchie s’installe, des groupes se forment d’autant plus que les membres des brigades rouges remplissent désormais les prisons. Très vite, pour survivre, pour pouvoir revoir les siens un jour, il faut s’organiser, connaître chacun et ses idées, apprendre à favoriser certains et en ostracisant d’autres.

Finalement, on retiendra le livre d’Enrico Fenzi plus du point de vue des conditions de vie d’un brigadiste en prison et de sa survie plutôt qu’un propos sur les Brigades rouges à proprement parler. L’idéologie, tout le monde la connaît… on n’en apprend pas beaucoup plus sur l’idéologie marxiste telle qu’elle est appliquée par les brigadistes, sinon quelques motivations expliquées ici de manière confuse et obscure.



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