Au nom du Père, du Fils et de John Lennon, Laurence Schaack et Goulven Hamel

Clément Solym - 20.02.2012

Livre - Au nom du Père, du Fils e - Laurence Schaack et Goulv - Nathan


Ce titre appartient à la série, Backstage, qui se propose de présenter, sous forme romanesque, un courant musical. A destination des adolescents, elle offre la possibilité d'acquérir des notions de culture musicale sans ennui ni académisme universitaire.


Ce roman sans prétention offre un bon moment de détente. Avec une légèreté assez plaisante au final et agréable à lire,  il  incarne plutôt bien le rêve des années 60. En effet, ce titre au nom évocateur, offre un retour sur la période rock'n'roll/Pop des  Beatles,  des Rolling Stones et les débuts de Bob Dylan. 

Cornélius Caine, jeune aristocrate anglais, bègue et un peu perturbé, sans lien ou presque avec ses parents est le fil conducteur de ce roman polyphonique.


Au décès de son père, il apprend par sa grand-mère maternelle, exquise et excentrique vieille femme, que son père n'est pas son père originel. Il décide alors de quitter son lycée huppé et snob pour rejoindre Alice, sa cousine délurée, à Londres et découvre un milieu pas ordinaire, celui de la fête, de la mode et des artistes.


Un milieu ouvert, où tous les excès sont permis, où la musique s'exprime sans contrainte et innove. « Cornélius avait été frappé par la foudre. Une explosion qui avait d'un seul coup balayé la mesquinerie de Wellinborough, qui l'avait soulevé comme une fusée pour l'emporter loin des salles de cour glaciales et des kilomètres de couloirs en brique. »


De rencontres exceptionnelles en découverte de soi, Cornélius s'émancipe, s'amuse et s'épanouit. Entre rires, bonheur et sanglots, il se découvre, souffre aussi mais apprend à s'accepter et révèle, en parallèle, une période endiablée et accueillante, des Beatles adulés mais fragiles et authentiques. « Voilà sans doute pourquoi des millions de gens adorent les Beatles : ils ne cherchent pas à être différents de ce qu'ils sont ou à faire des choses qui ne leur ressembleraient pas. Ils se contentent d'être eux-mêmes ».


Une nostalgie des années 60 aussitôt partagée par le lecteur (adulte). La vie trépidante, légère et insouciante de la jeunesse d'alors, ce sentiment que tout est possible, que le bonheur peut s'atteindre facilement laissera peut être un goût amer aux ados d'aujourd'hui plus conditionnés à vivre dans une société morose, nettement moins drôle. Un roman où la liberté n'est pas un vain mot, où la tolérance est d'usage, le rêve permis et même stimulé.


Aussi, ne vous privez pas, laissez-vous emporter par cette musique-là. Le ton résolument moderne et vif donne du rythme au roman et rend la lecture facile et sympathique. On ne s'ennuie pas malgré une histoire parfois peu vraisemblable mais la fin, plutôt mièvre, déçoit cependant. 


Pour les passionnés, le livre propose en fin de roman, des éléments biographiques, quelques données plus encyclopédiques sur les Beatles, la pop anglaise et ses dérivés. Il ne manque plus que la bande son pour compléter cet univers musical. (Un cd joint au livre serait un « must » !)

Dans la même collection : Le béton qui coule dans nos veines ou comment découvrir les origines du hip-hop.


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