Avec Rev/solution, Patrick Martin prend de la hauteur

Auteur invité - 05.06.2018

Livre - Patrick Martin Medef - économie politique société - Medef patronat économie


Candidat à la présidence du Medef, Patrick Martin publie un ouvrage dans lequel il expose sa vision des défis qui attendent l’organisation patronale et les entreprises françaises. Bonnes feuilles.




 

Qui a dit que les patrons n’écrivaient pas ? Candidat à la succession de Pierre Gattaz au Medef, Patrick Martin vient de faire publier, aux éditions Hermann, un livre intitulé Rev/solution — un clin d’œil, manifestement assumé, au célèbre Révolution d’Emmanuel Macron, lorsqu’il n’était encore que le candidat d’En Marche ! et l’outsider de la dernière élection présidentielle. Passage en revue des principaux axes du livre.

 

Le Medef doit entamer son « virage stratégique »

 

L’ouvrage, d’une petite centaine de pages découpées en dix chapitres incisifs, n’a semble-t-il pas vocation à faire doublon avec le programme du candidat. À travers cet exercice inédit, celui que d’aucuns présentent comme le troisième homme de l’élection pour la présidence du Medef a choisi de livrer sa vision des défis auxquels sont confrontées la France, les entreprises hexagonales et l’organisation patronale dont il ambitionne de prendre les rênes.

 

« Le Medef est à la croisée des chemins. Tout, absolument tout change autour de nous : tant mieux », se félicite Patrick Martin dès la première ligne de son introduction. Le ton est donné : « Par conviction autant que par tempérament (…) je sais qu’en ces situations, la pire des réactions est de se barricader en espérant que la tempête passe ». Et le président du Medef Auvergne-Rhône-Alpes de détailler le « virage stratégique » que le Mouvement des entreprises de France doit, selon lui, entamer de toute urgence.

 

« Quel Medef dans cinq ans ? », demande l’auteur, qui apporte la réponse quelques pages plus loin : un Medef « désinstitutionnalisé, moderne, ouvert », à l’image d’entreprises et d’une société française qui font, elles aussi, leur transformation digitale et dé-hiérarchisent les relations. Patrick Martin entend également redéfinir les missions et objectifs stratégiques de l’organisation patronale, en renforçant son influence et ses services et en remettant à plat ses fonctionnements : digitalisation, formation, RSE et même Europe sont au nombre des priorités du candidat.

 

Pour réussir leur transformation, écrit Patrick Martin, les entreprises françaises devront améliorer leur profitabilité. S’il est élu, le candidat s’engage à augmenter leur taux de marge de 10 points d’ici à la fin de son mandat. Patrick Martin plaide également pour un « Grenelle de la formation professionnelle, de l’orientation et de l’employabilité ». Et, en matière de RSE, il met en avant l’exemple des entreprises patrimoniales, dont les dirigeants s’engagent au quotidien pour leurs salariés et leurs territoires, souvent sans tirer la couverture à eux.

 

Rassembleur

 

Lui-même à la tête d’une ETI familiale, Martin Belaysoud Expansion, Patrick Martin revendique haut et fort de diriger une entreprise qui se trouve au croisement des services et de l’industrie. Il se pose en praticien aguerri de l’entreprise, et surtout en meilleur représentant de l’interprofessionnalisation croissante des entreprises. La digitalisation aidant, les frontières entre fédérations professionnelles sont plus poreuses que jamais, estime le candidat. Au Medef d’en prendre acte et d’adapter son organisation en conséquence.

 

Président du Medef Auvergne-Rhône-Alpes, région dont Patrick Martin s’enorgueillit qu’elle soit la première région industrielle de France, le candidat rend aussi un vibrant plaidoyer en faveur des territoires : « Je crois beaucoup à la notion de proximité », écrit-il, tout en prenant soin de ne pas opposer artificiellement Paris à la province, ni les branches ou fédérations professionnelles aux territoires. « Les territoires sont le champ d’expérimentation réussi de la diversité du Medef », veut croire Patrick Martin, parce que c’est là que « nous sommes au plus près des entreprises ». Et de plaider pour un « rééquilibrage », financier, notamment, en faveur des territoires.

 

Avant de poser la plume, Patrick Martin, que l’on devine peu porté sur l’exhibitionnisme, se livre à un exercice de vérité. « La confiance ne se décrète pas », écrit-il, avant de se présenter comme un « entrepreneur dans l’âme », doté d’un profil « qui est celui de la plupart des adhérents du Medef ». Revenant sans fausse pudeur sur ses succès comme sur les périodes difficiles qu’il a traversées avec son entreprise, Patrick Martin se présente comme un dirigeant « résilient » et un « militant passionné de la cause patronale ».

 

« Dans sa longue histoire, conclut Patrick Martin, notre Mouvement a toujours su se choisir la présidente ou le président qui répondait aux circonstances du moment ». Et « ce moment est unique, poursuit-il. Il est enthousiasmant. À période exceptionnelle, élection exceptionnelle ». « Je crois que cette élection se jouera sur l’authenticité, la crédibilité, la lucidité et la détermination ». Et sur la capacité à rassembler un mouvement patronal déchiré par les guerres de chapelle. Patrick Martin remportera-t-il son pari ? Réponse le 3 juillet, jour de l’élection.

 

par Catherine Dufour
 

Patrick Martin – Réinventer le rôle du patronat – Hermann – 9782705697280 – 15 €
 


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