Avec Trésor, Alecia McKenzie dévoile toute la chaleur des Caraïbes

Florent D. - 20.05.2016

Livre - Alecia McKenzie Trésor - trésor peintre Jamaïque - New York artiste


Alecia McKenzie est une journaliste et auteure jamaïcaine. Elle écrit depuis de nombreuses années, en anglais, bien que vivant une bonne partie de l’année en France. Elle a reçu, à plusieurs reprises, le Commonwealth Writers Prize. En 1993, pour son premier roman Satellite City et plus récemment, en 2012, pour Sweetheart. C’est ce même Sweetheart, devenu Trésor, qui vient d’être traduit en français, et publié par les Éditions Envolume.

 



Et voici un roman bien surprenant que Trésor. Si l’on s’en tient au communiqué de presse de l’éditeur, ou encore au résumé, on se dit, avant même d’ouvrir le livre, que cela va être l’histoire de la défunte, Dulci, racontée, chapitre après chapitre, par les gens qui la connaissaient. La lecture commence donc avec la peur du déjà vu et l’idée que l’histoire ne sera pas très gaie, après tout l’héroïne est morte… 

 

Ne jamais se fier aux premières impressions ! Voici un livre où chaque sujet semble être survolé, mais c’est un livre qui ne révèle sa consistance, et sa force, qu’une fois terminé.


Comment Alecia McKenzie réussit-elle à nous parler de relations parents/enfants conflictuelles, d’agressions, de jalousie, d’ouragans, de maladies et pour finir de la mort, sans que ce livre soit déprimant. C’est même tout l’inverse, ce livre est chaleureux, il sent le bois chaud et la nature, il est coloré et lumineux. 

Dulci vient de mourir, elle venait de dépasser la trentaine, elle était une peintre jamaïcaine vivant à New York et reconnue pour son art. Avant de mourir, elle a souhaité que la moitié de ses cendres soit dispersée en Jamaïque et que l’autre moitié le soit dans l’Hudson, à New York.

 

C’est son amie d’enfance, Cheryl, qui est chargée du voyage aux États-Unis. C’est par elle que commence le livre, que commence le voyage, pour essayer de comprendre qui était Dulci. Ils vont être plusieurs à nous la raconter. Son père, qui dans un premier temps nous apparaît tyrannique et peu aimable, il faut bien l’avouer ; son amant, un peu lâche ; son mari américain, amoureux, jaloux et déçu ; et la merveilleuse tante Mavis, sans oublier la grand-mère de cette dernière. À elles deux, elles forment une sorte de Mama Odie (oui, oui, celle de La Princesse et la Grenouille).

 

Elles voient l’avenir, Mavis plus que son aïeule, elles concoctent des filtres et vivent, à l’écart, dans la montagne. Quand Mavis reviendra en ville, elle passera pour une gentille folle parlant à son chien et qui prépare des potions pour aider à toutes sortes de choses, elle est, cependant, incontestablement, la force de ce livre. 

 

Si ce roman parle de sujets graves, il renferme, pourtant, toute la chaleur des Caraïbes, et ça fait du bien ! 

 

 

Extrait : « Comment peindrais-tu ma vie avec Mamie, Dulcinea ? Combien de toiles te faudrait-il ? Combien de tubes de peinture blanche pour peindre les matins brumeux, les après-midi pluvieux ? Combien de verts et de jaunes pour peindre les perroquets et tous les autres oiseaux qui venaient se poser dans notre jardin lorsqu’elle leur jetait des graines ? Et le noir alors, du noir non dilué pour toutes ces nuits où l’on n’y voyait plus à deux centimètres une fois les lampes à pétrole éteintes ? »


Pour approfondir

Editeur : Envolume
Genre : littÉrature...
Total pages : 200
Traducteur : sarah schler
ISBN : 9782371140394

Trésor

de Alecia McKenzie

Dulcinea Evers, jeune peintre new-yorkaise d'origine jamaïcaine, vient de s'éteindre. Tour à tour, ceux qui ont traversé sa vie s'adressent à elle pour dessiner en creux le portrait d'une femme flamboyante et résolument libre.

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