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Beau rôle, Nicolas Fargues

Clément Solym - 12.08.2008

Livre - Beau - role - Nicolas


Antoine Mac Pola est un acteur de cinéma qui est récemment sorti de l’anonymat des publicités et des cachets plus ou moins minables pour des figurations ou des petits rôles dans des séries télévisées, grâce au succès du film White Stuff dans lequel il a tenu le premier rôle.

Depuis, il attend l’occasion d’autres propositions qui lui feront peut-être gravir un autre échelon dans la notoriété.

Mais ce premier succès a cependant été suffisant pour que Bernard Mélikian, ancien camarade de classe des « années collège » et devenu aujourd’hui professeur de français dans un lycée du Val de Marne, tente de renouer un contact en l’invitant à assister à un débat qu’il organise mensuellement dans son établissement à la suite de projections de films qu’il propose à ses lycéens.

Pas encore basculé complètement dans le monde de la célébrité et de tous les travers qui guettent ceux qui la rencontrent, Antoine, qui a gardé une vraie part de spontanéité et de disponibilité, répond favorablement à cette invitation que précède, la veille de la projection, un dîner chez son ancien camarade de classe au cours duquel il va rencontrer certains de ces collègues et notamment Nelly.


Nicolas FARGUES a pris le parti de nous révéler petit à petit les différents contours de son personnage et c’est tant mieux.

Il nous présente un être plein de certitudes et plein de doutes. Seul malgré son embryon de célébrité. Tiraillé entre ses parents du fait de leur séparation. Profondément touché de la rupture avec son ex-amie barcelonaise qui l’a abandonné et dont il ne sait pas extraire l’image de son esprit malgré des aventures qui restent sans lendemain. N’ayant pas vraiment accepté le nouveau compagnon de sa mère. N’ayant pas vraiment réussi à tisser un lien avec les enfants de l’autre mariage de son père. Un peu perdu dans des relations avec le beau sexe, ambiguës et malgré tout parasitées par son statut. Un être mélangé, perdu entre deux mondes où sa place n’est pas complètement acquise ni d’un côté, ni de l’autre.

Au-delà des grandes tirades de cinéphile averti au cours desquelles l’auteur nous assène quelques visions personnelles des mérites comparés du cinéma américain, des réalisateurs et des acteurs (quoi de plus naturel cependant dans un livre où le personnage principal est lui même un acteur), c’est plus la crise d’identité du héros qui est le véritable intérêt du roman. Identité vis-à-vis de soi-même, mais aussi identité vis-à-vis des autres, des femmes en particulier.

Ces femmes sont un des fils d’Ariane du livre : depuis celles qu’on a aimées, mais qui nous ont quittés contre notre gré et dont il est insupportable de penser qu’elles nous ont remplacés, en passant par celles dont on a rêvé sans jamais les atteindre ou celles qu’on a pu blesser pour ne les avoir pas aimées assez ou encore celles pour lesquelles il n’est pas de folie que nous ne ferions ou de couleuvre que nous n’avalerions.

Ces femmes avec lesquelles chaque jour apporte le témoignage de la complexité des relations entre sexes opposés.

Je ne suis pas sûr, cependant que toutes les femmes apprécieront le parallèle qui est fait entre le séduisant pouvoir de leur jeunesse et l’éphémère beauté de la rose de Ronsard : je ne me souviens pas que mes professeurs de français aient effectivement osé, alors que j’usais mes fonds de culotte sur les bancs du lycée, expliciter cette poésie de manière aussi délibérément machiste. Or, cette idée traîne malgré tout un peu comme un leitmotiv au fil de pages.

Les autres crises identitaires, je vous les laisse découvrir par vous-même. Elles sont une réelle originalité de l’histoire qui nous est contée, mais ne peuvent être discutées ici sans amoindrir l’intérêt des découvertes progressives de la lecture.

Elles justifient certainement une quatrième de couverture des plus elliptique, mais ne vous laissez pas rebuter. Et pour la petite histoire, le livre de Nicolas Fargues avait été retenu pour le prix du Livre Inter, gagné cette année par Boulevard périphérique de Bauchau...


Retrouvez Beau rôle, sur Place des libraires.



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