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Bérénice 34-44 : Paris, théâtre d'une ville occupée

Mimiche - 27.09.2014

Livre - 2ème guerre mondiale - Paris - Théâtre


C'est parce qu'il avait eu la chance de côtoyer dans les tranchées de la Grande Guerre, un instituteur qui lui avait parlé, entre deux bombardements, de livres et de poésie, de théâtre et de Racine, que Maurice Capel, précédemment Moïshe Kapelouchick quand il était fourreur, comme son père, dans la Russie tsariste qu'il avait fuie après le massacre antisémite de sa famille, a absolument tenu à ce que sa fille, née à Paris, porte le prénom de Bérénice.

 

Est-ce parce que son père lui avait tant raconté d'histoires qu'elle écoutait blottie sur ses genoux, que Bérénice, très tôt, répondait fièrement à tout un chacun qui lui posait la question que, plus tard, elle voulait  être comédienne ?

 

Une obsession, une marotte dont Marcel et sa femme tentaient vainement de la détourner. Peine perdue !

 

Bérénice finira, au grand dam de son père qui la reniera, par intégrer le Conservatoire National de Musique et de Déclamation, antichambre de la Comédie Française. Là, avec ses nouveaux camarades, elle va suivre les cours de Jouvet et se noyer dans le bonheur chaque jour renouvelé de vivre sa passion.

 

Deux ans avant le début de la Deuxième Guerre Mondiale, elle est admise comme Sociétaire et pénètre dans le Saint du Saint, la Maison de Molière.

 

Mais, derrière les bravos d'un succès naissant, commencent à se faire entendre des bruits de bottes qui apportent un bien mauvais message lequel n'a rien de commun avec l'universalité de l'Art, fut-il dramatique.

 

 

 

Le seul point d'accord que j'ai avec la critique du Figaro Littéraire qui illustre le bandeau accroché au livre, c'est le fait qu'il y a effectivement une intéressante interpénétration de la fiction et du réel dans ce roman qui mêle avec crédibilité faits avérés, personnages réels et ambiance romancée autour de la vie de Bérénice.

 

Au-delà de ça, je n'ai pas vraiment « accroché » au récit d'Isabelle STIBBE qui ne m'a pas convaincu, laissant trop de vides dans son récit, trop pressée d'arriver à une conclusion dont l'épilogue à consonance trop personnelle ne vient que confirmer le caractère auto-exorcisant de la démarche.

 

 

 

Trop prévisible. Trop unidirectionnel. Le livre n'est nullement une image de « la Comédie Française sous l'Occupation » comme l'annonce le bandeau. Certes, il y a quelques faits réels qui sont intégrés au récit mais comme Bérénice, du fait de la religion de ses parents, se doit de la fuir, ces espaces d'observation interne de l'Institution sont rapidement perdus pour, la suivant, dérouler un fil plein de déjà vus.

 

Seule la passion du théâtre, qui anime l'héroïne et la fait jeter aux orties tout ce qui n'est pas cet univers vers lequel toute son âme tend, a pu donner quelques pages où passe une vraie émotion.

 

Ce n'est pas assez à mon goût.