Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Bons mots et phrases assasines (lEsprit XVIIIème) : Ca pique !

Mimiche - 09.05.2014

Livre - citations - XIIIème siècle - humour


Un recueil ne se raconte pas : il se déguste.

 

Derrière la définition qu'ils en ont donnée (« une espèce d'impromptu que l'occasion fait seule naître et que la malignité le plus souvent assaisonne »), Maguy LY, Nicole et Yann CAUDAL ont rassemblé plus de deux cent « Bons mots et phrases assassines » qui méritent bien leur nom et le plaisir de les découvrir.

 

Cueillis au fil du XVIIIème siècle, ces bons mots égratignent les uns et les autres , ne laissent personne indemne et gardent pour beaucoup une éternelle jeunesse, un vivante actualité.

 

Bien sûr les femmes y sont à l'honneur, parfois à leur détriment quand elles rechignent à accepter leur âge (ainsi à l'une qui s'approchait « de trente ans quoique elle en eût davantage » et s'en plaignait, l'un la consolait en lui assurant qu'elle s'« en (éloignait) tous les jours » un peu plus).

 

Elles font évidemment l'objet de toutes les attentions des hommes qui s'empressent de leur faire la cour (ainsi à l'une qui lui demandait s'il croyait que telle princesse « fût (…) la plus belle princesse du monde », une récente connaissance lui répondit « Madame, je le croyais. Hier » !).

 

Et elles ne manquent évidemment pas de provoquer toutes sorte de répliques où, courtisanes, elles s'appliquent à s'écarter du droit chemin (ainsi celle-ci que son mari assurait qu'elle connaissait bien le seul homme de la ville qui ne soit pas cocu, répondait « j'ai beau chercher, je ne le connais pas » !)…

 

 

Mais ce serait bien évidemment restrictif de ne retenir de ce recueil que ces passes d'armes quelque peu désuètes même si elles restent néanmoins charmantes.

 

Quelques piques sont lancées de la part ou à l'attention de Voltaire, Fontenelle, Chamfort, Cazanova ou encore Montesquieu, Turgot et Terray. Le trait d'esprit, l'acidité ou l'élégance se le disputent à qui mieux-mieux.

 

Je retiendrais pour la bonne bouche, qu'en ces temps éclairés, il était déjà possible de s'écrier que « sans le gouvernement, on ne rirait plus en France »...

 

Seule ombre au tableau, ce petit recueil érudit et subtilement réalisé avec une couverture « à l'ancienne » et une tranche dorée a été imprimé en Chine ! Non mais quelle idée « sotte-et-grenue », l'éditeur (une filiale de Hachette, quand même) a-t-il bien eue ? « Ce n'est pas ce qu'il a fait de mieux » oserais-je plagier !