Brefs récits pour une longue histoire : des nouvelles de Roger Grenier

Mimiche - 06.02.2013

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Il est étonnant le choix que peut faire un auteur pour le titre de son ouvrage.

 

Plus étonnant encore lorsqu'il s'agit d'un recueil de nouvelles : se laisser tenter par le titre (même un peu adapté) de l'une d'elles ? Essayer de trouver un « chapeau » qui les rassemble toutes ? Laisser l'âme divaguer et prendre une totale distance avec tout ce qui compose le recueil ?

 

Pour ma part, ce n'est certainement pas le choix qu'a fait Roger GRENIER qui eût été le mien ? D'abord parce que je en trouve pas que c'est la plus réussie qui a été retenue. Ensuite parce que cela rabaisse les autres au rang de faire valoir.

 

Que n'a-t-il retenu plutôt « Le violoncelliste » ? Quelques pages d'un romantisme fou qui suivent, dans les rues de Paris, un membre d'une petite formation musicale qui va noyer sa frustration sur les lèvres d'une prostituée dont il tombe amoureux.

 

Ou alors « Le spectre le Brochen » ? Une pièce de boulevard en ultra-miniature où la femme trompe son mari et son amant qui se découvrent mutuellement quand elle les quitte tous le deux ?

 

Ou encore « La nuit à son chevet » ? A peine quelques lignes pour ouvrir sur l'immensité du vide de la mémoire et de la conscience qui fuient.

 

Non, décidément, ce choix n'est pas le mien.

 

Mais ce n'est pas bien grave. Chacun y trouvera certainement son bonheur et sa satisfaction car, au fond, le titre ,n'a que bien peu d'importance en regard des textes !

 

 

Roger GRENIER

 

Et dans ce recueil de nouvelles, l'avantage vient du fait que, si l'une ne vous plaît pas, en aucune manière elle ne dure très longtemps. En revanche, si vous accrochez sur une autre, il y a bien des chances pour que vous trouviez dommage que l'auteur n'aie pas jugé bon de faire un peu durer votre plaisir.

 

L'un dans l'autre, ces petits bains de vie, très parisienne au demeurant, s'avèrent parfois réjouissants, parfois tristes, toujours agréablement bien écrits, la plupart du temps assez bien croqués. Et il est fort probable que ces « brefs récits » ont une « longue histoire ».

 

 

Une nouvelle est en général un bref instant de vie dérobé au temps, un court morceau de la réalité découpé net. Peu respectueuses de la norme, la plupart de celles que voici s'étendent souvent sur de grandes périodes, parfois sur toute une existence. Un paisible ménage à trois qui ne finit que par une double infidélité. Un vieil homme qui en réfléchissant sur son passé, se condamne lui-même à mort. Un musicien de brasserie qui, le violoncelle sur son dos, erre à la recherche de l'amour.