“C'est bien à la fin que l'Histoire s'écrit” : Boualem Sansal, sublime

Félicia-France Doumayrenc - 16.08.2018

Livre - Boualem Sansal roman - Le train d'Erlingen - la métamorphose de Dieu


ROMAN FRANCOPHONE – Dans Le train d'Erlingen ou la métamorphose de Dieu, Boualem Sansal se livre à l'un des exercices les plus difficiles qui soient : un livre épistolaire, un livre dans le livre, des écritures différentes, lire et décrire,  se projeter dans une autre réalité, dans une dualité et faire de son personnage principal une héroïne schizoïde.




 

En effet, qui sont Élisabeth Potier et/ou Ute Von Ebert ? Qui sont Hannah et Léa ? C’est que l'histoire « est multiple, elle se déroule sur plusieurs plans, plusieurs pays, plusieurs strates historiques, impliquant des personnes n'ayant pas de lien entre elles, et à cela s'ajoute le fantastique, tout se métamorphose sous nos yeux, un moment après l'autre ».

 

C'est un livre sur l'attente, la peur, sur la crainte d'une démocratie éclatée, sur la foi et le fanatisme,  la délation et la lâcheté, et bien évidemment, sur la mort.

 

N'est-ce pas dans le sous-titre (La métamorphose de Dieu que se soulève le vrai questionnement  de l'auteur ? Boualem Sansal, comme nous tous, a été traumatisé par l'attentat de 2015 au Bataclan (un des déclencheurs de son roman).

 

Raconter ce livre serait lui faire de l'ombre. C'est au lecteur de découvrir cette histoire complexe et haletante qui nous parle de violence, d'extrémisme religieux, de guerre. C'est aussi une longue réflexion philosophique sur le monde dans lequel nous évoluons.

 

Le train d'Erlingen peut se voir comme un prisme qui soulève un pan du voile noir de l'époque que nous traversons. Boualem Sansal nous trace un portrait poignant d'une société qui, sous les idées extrémistes, se vide peu à peu de son sens, perd ses repères, cherche sa voie et exprime l'inquiétude qui sourd en chacun de nous.

 

[Extraits] Le train d'Erlingen
ou la métamorphose de Dieu de Boualem Sansal

 

La langue de Boualem Sansal est à ce point maîtrisée qu'il parvient à recourir à différents styles.
 

C'est un conte philosophique. C'est un livre incontournable, un grand roman qui, nous pouvons l'espérer, aura un prix littéraire. À lire d'urgence.

 

Boualem Sansal – Le train d'Erlingen ou la métamorphose de Dieu – Gallimard – 9782072798399 – 20 euros


 

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Pour approfondir

Editeur : Gallimard
Genre :
Total pages : 256
Traducteur :
ISBN : 9782072798399

Le train d’Erlingen ou La métamorphose de Dieu

de Boualem Sansal

"Je plaisante, je plaisante, mais la situation est affreusement désespérée. L’affaire était louche dès le début pourtant, l’ennemi n’est pas tombé du ciel, il sortait bien de quelque trou, verdammt, un enfant l’aurait compris. Quand avons-nous cessé d’être intelligents ou simplement attentifs ?" Ute Von Ebert, dernière héritière d’un puissant empire industriel, habite à Erlingen, fief cossu de la haute bourgeoisie allemande. Sa fille Hannah, vingt-six ans, vit à Londres. Dans des lettres au ton très libre et souvent sarcastique, Ute lui raconte la vie dans Erlingen assiégée par un ennemi dont on ignore à peu près tout et qu’elle appelle "les Serviteurs", car ils ont décidé de faire de la soumission à leur dieu la loi unique de l’humanité. La population attend fiévreusement un train qui doit l’évacuer. Mais le train du salut n’arrive pas. Et si cette histoire était le fruit d’un esprit fantasque et inquiet, qui observe les ravages de la propagation d’une foi sectaire dans les démocraties fatiguées ? Comme dans 2084, Boualem Sansal décrit la mainmise de l’extrémisme religieux sur les zones fragiles de nos sociétés, favorisée par la lâcheté ou l’aveuglement des dirigeants.

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