Ces petits chaperons qui rougissent au fond des bois

Clément Solym - 16.05.2012

Livre - contes - chaperon - rougir


Un romancier, certainement comme tout romancier devant sa page blanche, peine à écrire les phrases de son roman.

 

Et ce ne sont pas les trois petites délurées qui l'entourent qui vont arranger les choses en l'empêchant d'attraper l'inspiration au vol et en l'attirant vers d'autres préoccupations.

 

En fait, elles vont surtout l'inciter à s'égarer dans d'autres terres inspiratrices en lui demandant de leur raconter tour à tour des « contes à faire rougir les petits chaperons ».

 

Ainsi, pour échapper (vraiment ?) à leur babillage intrusif, le romancier capitule et se laisse aller à des interprétations très personnelles et à une relecture un peu décalée de contes anciens ou Pinocchio et la Mère Michel font, vous excuserez l'expression, mais elle est dans le ton de l'ouvrage, la nique à Blanche Neige ou au Grand Méchant Loup !

 

Voilà effectivement des contes à ne pas mettre entre toutes les mains et certainement de nature à faire rougir des petits chaperons.

 

Quoique !?

 

Existe-t-il encore des petits chaperons susceptibles de rougir à ces traits ?

 

Ce qui est certain, c'est qu'on peine un peu à croire que l'auteur totalement débridé de ces contes a pu, comme l'indique la quatrième de couverture, être éditeur à la Bibliothèque Rose…

 

À moins que cela ne soit afin de contrebalancer !?

 

En aucune manière il ne fait dans l'image ou la suggestion : les mots sont crus et seront très certainement taxés de pornographiques par nombre de lecteurs y compris les plus avertis.

 

Le jeu est dangereux !


Il peut faire basculer de la lecture amusée et gourmande d'une version revue, corrigée et franchement paillarde des contes qui ont bercé toute éducation, voire de la délectation pure et simple lors de cet épisode rendu culinaire par l'une des protagonistes, à une aversion certaine quand les ébats mettent en scène une Alice encore à l'aube de sa puberté : sans vouloir jouer les bégueules, il m'a semblé que cela frisait la pédophilie.


Les contes n'avaient absolument pas besoin de cela me semble-t-il.

 

Abstraction faite de cet écart, même si le fil conducteur reste très près de la ceinture (juste quelques centimètres au dessous), voilà un exercice gouleyant qui revisite Perrault, Carroll et les autres dans une danse endiablée.

 

La Fontaine n'a vu qu'une face de la pièce lancée en l'air ! Jean Pierre ENARD nous montre l'autre maintenant avec une version de « Comment l'esprit vient aux garçons » !