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Ces riches oisifs qui ne savent plus que faire de leur argent...

Nicolas Gary - 19.01.2018

Livre - pays riches oisifs - stephen leacock roman - satire société captialisme


Entre ces riches qui optent pour l’immobilier tant à Paris, qu’à New York, Emmanuel Macron baptisé « président des riches » aux mesures qui leur seront favorables, 2018 se présente comme une joyeuse année pour certains. Mais ces gens ne sont rien, en regard des riches oisifs de Stephen Leacock. 



 

 

C’est dans la ville de Plutoria que se retrouve l’élite de l’élite, celle qui verrait Gainsbourg brûler la moitié d’un billet de 500 francs avec consternation. Non que le geste les effraie : plutôt qu’il paraît infiniment dérisoire. 500 francs... une paille. A Plutoria, on boit des eaux minérales pétillantes telles que jamais il ne serait concevable de retourner boire une eau plate. 

 

Ici, on a de l’argent à n’en plus savoir quoi faire, et c’est pour le mieux. D’ailleurs, on ne s’en préoccupe pas tant : penser à l’argent est déjà une source de tracasseries sans fin. Il suffit de le dépenser.

 

Arcadian Adventures with the Idle Rich, en version originelle, est une fiction satirique qui parut pour la première fois en 1914. Il s’agit de saynètes qui se déroulent dans cette vaste métropole imaginaire – située aux États-Unis. Leacock avait laissé entendre qu’il avait ciblé la ville de Chicago et ses nantis. 

 

D’ailleurs, cette critique américaine, émanant d’un Canadien, avait séduit le gouvernement bolchevique, qui, peu après la révolution de 1917, en fit faire une traduction. Cette dernière connut un succès colossal dans le pays. Le goût du sarcasme à l’encontre de cette classe plus que supérieure est universel.

 

La plume acérée, dans ce monde utopique, s’applique à tourner en dérision le matérialisme exacerbé et corrompu, l’individualisme qui gagne tout un chacun. Et aucune sphère n’est épargnée : les institutions religieuses, sociales, éducatives (oh, quelle misère que cette université !), et politiques, bien entendu. 

 

L’avidité humaine, la bêtise et son hypocrisie sont ridiculisées avec finesse, un troisième degré pince-sans-rire, au flegme tout britannique. C’est d’une intelligence délicieuse. Leacock balaye les escroqueries boursières avec finesse, l’opportunisme crasse dans les affaires et bien d’autres choses. Tout cela avec un ton sardonique impitoyable. 

 

La splendeur véritable du livre réside dans son actualité : il ne manquerait que des téléphones portables à cette utopie pour qu’on la prenne pour une satire ultra-contemporaine. Ces pauvres riches, décidément, se suivent et se ressemblent..  

 

 

Stephen Leacock, trad. Stéphane Brault – Au pays des riches oisifs ; aventures en Arcadie – Editions Wombat – 9782374981017 – 23 €




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Pour approfondir

Editeur : Wombat
Genre :
Total pages : 288
Traducteur : stéphane brault
ISBN : 9782374981017

Au pays des riches oisifs ; aventures en Arcadie

de Stephen Leacock

Bienvenue à Plutoria, métropole imaginaire des Etats-Unis où une minorité de puissants, notables et affairistes, se réunissent au sein du club du Mausolée pour accaparer la richesse collective et détourner la démocratie en leur faveur, où les églises se vident au profit de sectes pseudo-orientales, où les universités sont inféodées aux nouveaux riches - ces oisifs qui ne savent plus comment dépenser leur argent...

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