Chronique : Coco givrée, Nadine Monfils

Clément Solym - 05.03.2010

Livre - coco - givree - nadine


Il y a quelque chose d’étouffant et de séduisant dans la petite ville de Pandore…

Peut-être cette famille en décomposition, dont le demi-frère né de père inconnu veille sur une mère devenue folle autant qu’acariâtre, doublée d’une maladie d’Alzheimer, et dont la fille a disparu voilà plusieurs années…

On trouve aussi ce clochard que Nicki, la profiler qui se réfugie sur ses peluches pour oublier les atrocités perpétrées par les hommes, observe. Lui-même ne sait plus trop qui il est. L’amnésie, ça peut avoir du bon…

Ou bien sont-ce ces inspecteurs de police accros à la même pute, qui préfèrent la compagnie de leur chienne et de leur chat. Notez que Tequila a tout de même la faculté de pisser des hiéroglyphes, alors que Midnight, lui, aurait un comportement surprotecteur fascinant. Particulièrement quand la pute en question tente de forcer son maître à se marier avec elle…

On peut aussi parler de ces bonshommes de neige, à la bouche cousue au fil de fer barbelé, qui peuplent une forêt maudite et entretiennent les légendes qui terrifient les braves gens. Et multiplient les disparitions sordides pour que vive le folklore.

Enfin, il y a ce meurtrier, artiste peintre sur corps vivants et sculpteur à ses heures de chairs humaines qui se prend pour l’élève spirituel de Magritte, devenu meilleur que le maître…

Il y a vraiment quelque chose de fascinant et de pourri à Pandore.

Je ne sais pas. Ça doit tenir au climat.

Ou à la population.

Mais dans tous les cas, le thriller de Nadine Monfils brosse un tableau sympathique d’une ville complètement loufoque. Et passablement malsaine. Rien de grandiose dans ce livre : plutôt une série de meurtres glauques dans une ambiance à coller de délicieux frissons. Le drôle, le morbide et l’incongru se succèdent et l’on s’immerge dans un lieu peuplé d’habitants aux mœurs parfois étonnantes.

Pas grand-chose de plus à en dire. Sinon que le public doit être averti qu’il va en prendre plein les yeux, et qu’il a souvent intérêt à avoir le cœur bien accroché. Mais si l’envie vous prend de vous faire une petite séance de lecture un chouia malsaine, alors bienvenue à Pandore…

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