Cette Suédoise qui rêvait d'incarner Jeanne d'Arc : Ingrid Bergman

Félicia-France Doumayrenc - 28.07.2015

Livre - Jeanne d'Arc - Ingrid Bergman - biographie


Amoureux d’actrices mythiques, précipitez-vous sur la biographie : Ingrid Bergman, Le feu sous la glace. D’elle, on ne connaît pour la plupart, que sa passion pour Roberto Rossellini, sa fille Isabella devenue mannequin puis actrice, ex-femme de Coppola et égérie, un temps, de Lancôme. Ce récit nous la livre tout autre. On y découvre une femme sensible et déterminée, libre avant tout.

 

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Elle naît le 29 août 1915 à Stockholm, perd sa mère à trois ans, et vit avec son père qui s’amuse par de petits films amateurs à mettre sa fille en scène. Celle-ci se prend au jeu et, à onze ans, après une représentation théâtrale elle a une révélation et décide de devenir actrice. La mort de son père à l’âge de quatorze ans l’affecte. Elle se retrouve orpheline, recueillie par son oncle et sa tante qui ne s’opposent à sa vocation. 

 

Dès seize ans, elle obtient un petit rôle de figuration dans un film, mais sa vraie aspiration est pour le théâtre et elle s’inscrit au concours du Dramaten. Elle est si douée, que, lors de sa première audition, elle convainc le jury et est admise dans la prestigieuse école. Mais les sirènes du cinéma l’appellent et elle joue son premier grand rôle dans Intermezzo. Elle rencontre, peu après, Peter Lindsröm qui devient son premier mari et avec qui elle aura sa première fille, Pia.

 

Hollywood, sous les traits du producteur David O. Selznick, qui a entre autres produit Rebecca et Autant en emporte le vent, l’appelle. Elle refuse de se plier à des opérations qui pourraient modifier son physique. Elle est avant tout une actrice. Et rêve d’interpréter le personnage de Jeanne d’Arc. Selznick le lui promet, mais la fait languir. Comme pour se venger et pallier son ennui, elle écrit : « Je suis comme folle, je mange, je mange, comme si j’avais toute une barrique à remplir. Je crois que j’ai tout essayé pour arrêter. »

 

L’attente la consume, mais le tournage de Casablanca lui redonne vie et elle y trouve un de ses plus beaux rôles. Elle enchaîne, dès lors, les tournages et tourne avec les plus grands acteurs : Humphrey Bogart, Gary Cooper, Cary Grant et les metteurs en scène prestigieux : Victor Fleming, George Cukor, Alfred Hitchcock.

 

Son couple s’étiole et elle tombe amoureuse du reporter hongrois Robert Capa. Interprète, enfin, en 1946 Jeanne La Lorraine, au théâtre. Fleming en fait un film, et elle s’engage avec lui dans une liaison sans issue. Ingrid Bergman est, cependant, habitée par le personnage de Jeanne d’Arc. Elle se confie en ces termes, alors qu’elle se rend à Domrémy, patrie de Jeanne : « J’ai été assiégée non pas parce que j’étais une star, mais parce que j’étais Jeanne d’Arc. »

 

"J'ai tenu un an de plus"

 

En avril 1948, sa vie bascule lorsqu’elle écrit ces mots à Roberto Rossellini : « J’ai vu vos films, Rome ville ouverte et Païsa, et je les ai beaucoup aimés. Si vous avez besoin d’une actrice suédoise qui parle très bien l’anglais, qui n’a pas oublié son allemand, qui n’est pas très compréhensible en français et qui, en italien ne sait dire que Ti amo, je suis prête à venir faire un film avec vous. »


Pour lui, elle quitte son mari et sa fille Pia et se met à dos l’Amérique entière. 

 

De Roberto Rossellini, elle aura trois enfants, tournera de nombreux films, jouera sur scène, dans une de ses mises en scène, l’Oratorio de Paul Claudel où elle retrouve son personnage chéri : Jeanne d’Arc, mais la passion du début, la jalousie de son mari, les problèmes d’argent viennent à bout de l’amour du couple.

 

En 1958, elle épouse après un divorce pénible Lars Schmidt qui lui apporte tant réconfort matériel qu’amoureux (elle réside alors entre Londres et Choisel). Elle continue à enchaîner pièces de théâtre et films et subit, courageusement, une ablation du sein gauche. Après avoir été présidente du jury à Cannes, elle tourne dans un des chefs d’œuvre d’Ingmar Bergman, Sonate d’Automne.

 

Cette actrice aux trois oscars, au destin exceptionnel, succombe d’une récidive de son cancer le jour même de son anniversaire, le 29 août 1982 après avoir téléphoné à chacun de ses enfants en prononçant cette phrase « J’ai tenu un an de plus ».

 

Le livre de Marine Baron est une excellente biographie. Il brosse un portrait réaliste d’une femme que la vie n’épargne pas. Ingrid Bergman y est montrée sous toutes ses facettes les plus intimes. L’auteur s’est pour cela aidé de la biographie d'Ingrid Bergman, avec Alan Burgess, Ma vie. Il est, donc très fouillé. C’est un récit parfait pour l’été, pour les amoureux du cinéma, pour les passionnés d’Ingrid Bergman. Ceux-ci ne seront pas déçus, cette biographie correspond à ce qu’elle doit être : un texte complet sur la comédienne.

 

On déplorera tout de même le choix de l'illustration pour la couverture, pas très heureux dans l'assemblage de couleurs.


Pour approfondir

Editeur : Belles Lettres
Genre : cinema,...
Total pages : 230
Traducteur :
ISBN : 9782251445328

Ingrid Bergman ; le feu sous la glace

de Marine Baron

" Cher Monsieur, J'ai vu vos films Rome, ville ouverte et Paisa, et je les ai beaucoup aimés. Si vous avez besoin d'une actrice suédoise qui parle très bien l'anglais, qui n'a pas oublié son allemand, qui n'est pas très compréhensible en français et qui, en italien, ne sait dire que Ti amo, je suis prête à venir faire un film avec vous. " Ingrid Bergman Ingrid Bergman, née le 29 août 1915 à Stockholm, est orpheline de mère à trois ans et de père à treize ans : son éducation est assurée par une tante puis par un oncle. Elle entre à la Kungliga Dramatiska Teatern or Dramaten et joue pour la première fois dans un film en 1932. Remarquée par Gustaf Molander, avec qui elle collaborera de nombreuses fois, elle enchaîne les tournages. Commence alors une irrésistible ascension qui la fera passer, grâce au remake d'Intermezzo en 1939, au statut de star hollywoodienne, puis d'icône mondiale. Elle tourne avec les plus grands acteurs (Humphrey Bogart, Gary Cooper, Cary Grant), sous la direction des plus grands réalisateurs (Victor Fleming, Sam Wood, Alfred Hitchcock, Ingmar Bergman). Elle reçoit deux fois l'Oscar de la meilleure actrice pour ses prestations dans Hantise en 1944 et Anastasia en 1956 (elle obtiendra une troisième statuette de la meilleure actrice dans un second rôle pour Le Crime de l'Orient-Express en 1974) mais son nom reste à jamais associé, dans la mémoire collective, au chef-d'oeuvre absolu qu'est Casablanca. Cette actrice exceptionnelle est aussi une femme libre : elle scandalise les ligues de vertu en se détachant de son premier mari et de sa fille en 1949 pour vivre son amour avec le réalisateur italien Roberto Rossellini, et sera sommée de ne plus reparaître aux Etats-Unis durant plusieurs années. Lorsqu'elle meurt à Londres, en 1982, sa mémoire est néanmoins unanimement honorée. Elle est toujours considérée comme l'une des plus grandes actrices de l'histoire du cinéma.

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