Chronique : L'Ile d'Arthur, Dominique Poussielgue

Clément Solym - 18.06.2010

Livre - ile - Arthur - Dominique


Ils sont trois, au départ, du moins. Trois jeunes, la vingtaine, qui vivent sous les toits de Paris, pris entre adolescence finissante et vie d’adulte hésitante. Hugo, Corentin et Baptiste. Ce trio n’était en fait que duos avant que n’émerge la Mission. Hugo, pour l’occasion, décide de réunir Corentin, connu sur les bancs de la fac, et Baptiste, un ami d’enfance.

L’existence d’un défi à relever, ce qui organise l’action, est le principe même de cette collection de l’éditeur Pierre Téqui. Cet opus signé par Dominique Poussielgue, par ailleurs éditrice, est le 31ème de la collection.

On retrouve dans le mode de narration choisi comme dans la patte de l’illustrateur Emmanuel Beaudesson la marque des livres estampillés Signe de piste qui ont pu marquer notre enfance. Je pense là bien évidemment à la saga inoubliable du Prince Eric écrite par le maître du genre, Serge Dalens (1910-1998) et illustrée par Pierre Joubert.

Pour nos trois compères, il s’agit d’embarquer, pour une semaine de vacances un peu spéciale, le jeune Arthur et sa maman Sylvie. Ce sera au mois d’août sur l’île de Batz, en Bretagne. Le défi : aider Arthur, à peine âgé de cinq ans, à retrouver l’envie de communiquer avec les autres.

En effet, depuis la disparition en mer de son père deux ans auparavant, l’enfant ne parle plus. Jeune mais déjà veuve, Sylvie a dû quitter la côte bretonne pour aller chercher du travail comme secrétaire médicale à Rennes, ville où elle a aussi trouvé une institution propre à s’occuper d’Arthur.

Au sein d’un livre qui compte 146 pages, on pourra cependant regretter la lenteur de la mise en place de l’intrigue. Il faut dépasser le tiers du roman pour véritablement se prendre au jeu de ce défi.


Ce n’est qu’à partir de l’arrivée dans l’île de Batz que l’action prend un tour vif et pétillant. Les rencontres et les découvertes s’enchaînent alors et les ingrédients disséminés dans les cinquante premières pages donnent alors toute sa saveur à ce défi profondément humain.

Même si les volumes de cette collection sont d’abord destinés aux adolescents, il est aussi dommage que les relations entre les différents personnages ne restent que dans l’esquisse. De même pour ce qui est de leurs échanges.

On demeure sur l’impression d’une porte entrebâillée, non franchement ouverte en direction du destin de ces jeunes amenés, le temps d’un défi, à croiser leur chemin.
De quoi alimenter une suite...