Durant la guerre de Cent Ans, l'entrée de Jeanne d'Arc dans l'Histoire

Audrey Le Roy - 27.07.2015

Livre - Jeanne d'Arc - France Histoire - Angleterre Pucelle


Il y a 560 ans, le pape Calixte III ordonnait la révision du procès de Jeanne d’Arc, précédant de quelques centaines d’années celui de Robert Hossein au Théâtre de Paris, en 1977. Et que l’on soit croyant ou non, force est d’admettre que cela semblait nécessaire puisque le tribunal ecclésiastique qui condamna la Pucelle était composé de « juges ayant été triés avec soin parmi les fidèles de la cause hostile à Charles VII ». Autant dire, perdu d’avance. 

 

Qui était donc cette jeune femme qui, en l’espace de quelques années, mit la France et l’Angleterre en émoi ? Le nouveau titre de la collection Les dossiers de l’Histoire (Éd. Larousse) consacré à Jeanne d’Arc et écrit par l’historien Luc Mary, tente de façon concise et assez précise, de la présenter. 

 

 

 

Jeannette  voit le jour en janvier 1412 à Domrémy dans la Meuse, non loin de Nancy. C’est la cinquième enfant d’une famille qui, contrairement aux idées reçues, est assez aisée. Le contexte de sa naissance par contre est moins réjouissant, depuis 1328 la France est en guerre contre l’Angleterre, Jeanne naît en pleine guerre de Cent Ans. 

 

Un peu d’histoire : au XIVe siècle, l’Angleterre a des possessions en France. Le duché de Guyenne s’étend de La Rochelle à Bayonne et le comté de Ponthieu dans le nord. En 1328, le roi Charles IV, dernier fils de Philippe le Bel, meurt sans laisser d’héritier. Son plus proche parent est un petit cousin qui n’est autre que le roi d’Angleterre, Édouard III. 

Il est impensable qu’un roi anglais monte sur le trône de France, on lui préfère donc Philippe de Valois, neveu de Philippe le Bel. Dans un premier temps, cela convient à tout le monde, jusqu’au moment ou le roi de France à des vues sur l’Aquitaine, « le roi d’Angleterre ne supporte pas cette vassalité et engage une guerre pour récupérer la couronne de France ». La guerre de Cent Ans commence ! 

 

Revenons à Domrémy, la petite Jeannette a bien grandi, elle mène la vie normale d’une jeune demoiselle de son âge… ou presque. Elle est extrêmement pieuse, même les villageois l’ont remarqué. Elle flirte avec un certain fanatisme, « elle entend la messe plusieurs fois par jour et se permet même de faire des remontrances au curé ». 


En juillet 1425, Jeanne a 13 ans. Alors qu’elle flâne dans son jardin, elle entend pour la première fois des voix. Elle a peur et on la comprend. Imaginons de nos jours la visite de l’archange Saint Michel réclamant de bouter Amazon hors de France : l’asile ne sera pas bien loin ! Jeanne préfère donc se taire. 


Trois ans plus tard, les voix toujours présentent lui demandent d’aller trouver Robert de Baudricourt pour qu’il lui fournisse une escorte afin d’aller chercher l’héritier de la couronne, le dauphin Charles. Sa mission ? Le faire sacrer à Reims. Cette fois-ci, Jeanne se sent investie. 

 

La situation politique à ce moment est désastreuse. Les Anglais gagnent du terrain, l’espoir des Français se réduit comme peau de chagrin. Dans un contexte où l’on n’a plus rien à perdre, les prophétesses à l’appât du gain sont légion. Ainsi quand Jeanne se présente pour réclamer une armée au nom de Dieu, on se méfie, on l’écoute tout d’abord d’une oreille distraite, mais elle finit par convaincre et obtenir le soutien nécessaire. 


Le 13 février 1429, sous les acclamations, l’envoyée de Dieu, prénommée dorénavant la Pucelle, âgée de 17 ans, prend la route, déguisée en homme, en direction de Chinon et de l’héritier du trône. Sous la protection du « Roi du Ciel », les quatre cent soixante-dix kilomètres qui séparent Vaucouleurs de Chinon se font sans encombre. Elle arrive à bon port le 23 février 1429, toujours sous les acclamations.

 

 

Jeanne d'Arc

Roger Salz, CC BY 2.0

 


Très vite, elle doit répondre aux questions des prélats qui ne trouvent rien à lui reprocher. On informe le dauphin. Le 25 février, il l’a fait venir à la cour. Il redoute des diseuses de bonne aventure, pour être certain qu’elle est bien l’envoyée de Dieu, il se cache dans la foule, mais Jeanne n’est pas dupe : « Je reconnus le roi sans l’avoir jamais vu parmi ceux qui l’environnaient, au moyen d’une vision que j’eus à ce moment accompagnée d’une clarté. »

 

À partir de là tous les événements font s’enchaîner très vite. La Pucelle veut faire sacrer Charles à Reims, renvoyer les Anglais chez eux et elle ne veut pas perdre de temps. Caparaçonnée et tenant son étendard, Jeanne part en guerre.

Direction Orléans qui est assiégée depuis six mois. Jeanne arrive devant les portes de la ville le 29 avril 1429, le 8 mai Orléans est libérée. Expéditif non ? Les Français sont galvanisés, Dieu est avec eux. Les Anglais tremblent, Dieu est contre eux. Et à l’époque se croire aimé ou non de Dieu peut faire gagner ou perdre une guerre !

 

On continue sur la lancée, direction Reims ! Et comme pour Orléans, la plupart des villes qui sont sur la route se rendent sans combattre. Qui peut rivaliser avec Dieu ? Le 16 juillet 1429, Charles entre dans Reims, le 17 il est sacré selon la coutume et devient Charles VII. 


La première phase de la mission de Jeanne est un succès. Maintenant il faut s’occuper du sort des Anglais, mais Charles VII ne souhaite plus suivre les conseils de la Pucelle et veut favoriser la diplomatie au conflit. Celle qui l’a mis sur le trône commence à devenir gênante. On la remercie pour les services rendus, on la couvre de cadeaux, on l’anoblit, mais on lui demande de rester tranquille. Elle ne l’accepte pas et devient une sorte de mercenaire obéissant non pas au roi de France, mais au « roi du Ciel ». 

 

Le 23 mai 1430, après une campagne désastreuse, elle est arrêtée par les Bourguignons (alliés des Anglais). Charles VII menace, sans grande conviction, le duc de Bourgogne, mais il n’a pas les moyens financiers pour faire pression et puis à dire vrai il ne le souhaite pas vraiment.


Jeanne d’Arc est vendue aux Anglais pour dix mille livres, mais son procès aura lieu en France, à Orléans, où elle finira brûlée vive le 30 mai 1431 après avoir été soumise à un procès à charge. Elle avait 19 ans. Luc Mary signe une belle biographie synthétique, attrayante et richement illustrée. Cet exemplaire de la collection Les Dossiers de l’Histoire répond parfaitement aux attentes.


Pour approfondir

Editeur :
Genre : poche histoire
Total pages : 96
Traducteur :
ISBN : 9782035861528

Jeanne d'Arc

En à peine 2 ans, Jeanne d'Arc, qui cumulait pour ses contemporains les handicaps d'être jeune, femme et illettrée, réussit à lancer la reconquête du royaume sur les Anglais ! Ce destin exceptionnel fera d'elle une légende et une figure majeure de notre mémoire collective." Très noble seigneur dauphin, je suis venue et suis envoyée de par Dieu pour vous apporter du secours à vous et à votreroyaume ".Des voix entendues à Domrémy à la rencontre de Chinon, de la libération d'Orléans au sacre de Charles VII à Reims, de l'arrestation à Compiègne au procès de Rouen et au bûcher, autant d'évènements qui ont marqué la Guerre de Cent ans. Et autant d'épisodes dont l'héroïne hors du commun n'est autre qu' une jeune Lorraine à peine âgée de 17 ans que rien ne prédestinait au métier des armes !Pourtant, et aussi incroyable que cela puisse paraître, sa foi inébranlable, sa volonté sans bornes et surtout sa mort tragique ont à jamais changé le cours de notre histoire

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