Complainte d'un moustique aux yeux bleus, dernier de son espèce

Mimiche - 19.02.2018

Livre - moustique dans ville - Colchide eucalyptus marais - tabac encens église


La plaine de Colchide ayant été plantée d’eucalyptus et les marais en ayant été asséchés, tous les moustiques de la région sont morts. Seul a survécu un unique moustique aux yeux bleus qui a réussi à sauver sa peau par on ne sait quel incroyable miracle (pas plus que n’est crédible le fait qu’un moustique puisse avoir les yeux bleus, d’ailleurs).




 

Mais, s'il a provisoirement réussi à passer entre les griffes de la grande faucheuse, son destin n’en est pas réjouissant pour autant puisqu’il doit, maintenant, dans la grande ville, retrouver son futur assassin. Tâche ingrate et particulièrement funeste qui promet à l’insecte un affrontement inégal avec les deux mains de celui qui finira par le trucider, par lui faire rejoindre ses déjà défunts semblables.

 

Le narrateur qui raconte l’histoire semble d’ailleurs disposer de deux très grosses mains.

 

En attendant cette ultime rencontre, le moustique vole dans la ville, de lumières scintillantes en obscurités profondes, fait des rencontres diverses, croise des jeunes gens auxquels sa piqûre fait découvrir l’amour, cherche, cherche sans relâche son destin.

 

Une chose est certaine : Erlom Akhvledani manie la narration elliptique avec une dextérité pleine de poésie, d’humour et de liberté. Ce qui ne manque pas de dérouter le lecteur peu habitué à se faire promener d’une rue à l’autre, d’un propos à l’autre, d’un sujet à l’autre, de bonds en digressions, de dérapages en virevoltes.

 

Il est parfois un peu compliqué de suivre tant le moustique que le narrateur ou les jeunes gens amoureux dans un récit où le fil directeur reste le vol incertain de cet insecte à la recherche erratique de son destin.

 

Même si l’humour du narrateur ne manque ni d’à-propos ni de finesse, je suis resté assez désorienté par une histoire où, en dehors de la performance de l’écrivain qui réussit tous les tours de passe-passe possibles, je n’ai pas vraiment accroché.
 

[Extraits] Un moustique dans la ville de Erlom Akhvlediani  

 

J’ai même quelque peu peiné à arriver dans un quelque part que j’ai du mal à qualifier de bout, de fin ou d’épilogue. Pas réussi à croire en une belle histoire. Pas réussi non plus à être envoûté comme j’aurais dû l’être par un conte destiné à émerveiller les grands (plus que les petits), mais qui n’a réussi qu’à me faire dormir debout.

 

Dommage.

 

 

Erlom Akhvlediani, trad. Rusudan Turnava et Isabelle Dumas Ribadeau – Un moustique dans la ville – Le Serpent à plumes – 9791097390020 – – 17 € / ebook 9791097390082 – 11,99 €




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Pour approfondir

Editeur : Serpent A Plumes Editions
Genre :
Total pages : 172
Traducteur : rusudan turnava et isabelle dumas ribadeau
ISBN : 9791097390020

Un moustique dans la ville

de Erlom Akhvlediani

Depuis que la plaine de Colchide a été plantée d'eucalyptus et que les marais ont été asséchés, tous les moustiques sont morts. Un seul a survécu, un moustique aux yeux bleus, qui erre en ville sur les traces de son assassin. Ainsi débute le roman d'Erlom Akhvlediani, un roman fantasmagorique situé dans un univers où le ciel peut être carré, où un moustique peut tomber amoureux d'une brise et où les souhaits inaccomplis se transforment en pierres. Ici se rejoignent et se mêlent un lyrisme terriblement oriental et une métaphysique russe, slave, de celle qui se parfume au vieux tabac et à l'encens des églises. Il s'est passé quelque chose de bizarre. Moi non plus, je ne m'y attendais pas. Le point s'est levé et il est parti. Il est descendu au bas de la feuille et il s'est glissé sous la page. J'ai retourné la feuille et j'ai vu le point noir ramper tranquillement sur le papier blanc, dépourvu de tout trait de plume. Finalement j'ai compris que c'était le point final et je me suis calmé.

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