D'autres vies que la mienne, quitter la guerre pour Paris

Mimiche - 16.04.2013

Livre - handicap - deuil - maladie


Décembre 2004. Le tsunami qui a dévasté toute la Côte Pacifique de l'Asie su Sud Est fait rage qu pied de la colline sur laquelle est construit l'hôtel où Emmanuel CARRERE passe des vacances en famille au Sri Lanka.

 

Témoin impuissant mais épargné du désastre, il voit autour de lui la mort des uns et l'affliction des autres, de ceux qui restent et qui, en quelques minutes, ont perdu enfants, parents, amis, …

 

De retour à Paris, quelques semaines plus tard, sa compagne apprend que sa sœur est à nouveau frappée d'un cancer. En quelques mois, elle sera terrassée par cette maladie laissant son mari seul avec de jeunes enfants.

 

A la sortie de la cérémonie funéraire, un collègue de la disparue, juge d'instance comme elle, handicapé physique comme elle, a tenu à rencontrer la famille. Pour leur parler d'elle. Pour leur dire la femme et la collègue qu'elle a été dans un travail compliqué et difficile qu'ils ont partagé pendant des années.

  

Ce livre sonne un peu comme une confession. La confession de quelqu'un qui a traversé de manière assez égoïste des évènements qui ont bouleversé son entourage et qu'il a regardés avec beaucoup de détachement sinon d'éloignement grâce au fait qu'il en était personnellement préservé.

 

D'où une certaine culpabilité que l'auteur a tenté d'exorciser en donnant corps aux sollicitations de ceux qui, touchés au plus profond de leur être, lui ont suggéré, à lui l'écrivain, de raconter ces peines, ces désespoirs, ces vies ébranlées sinon détruites par des sommes de malheurs qui se sont abattus sur elles.

 


Alors, avec la minutie du détective recherchant les indices des crimes commis par la vie qui sème la mort, il a questionné les uns, écouté les autres, regardé et engrangé des informations diverses, parfois très techniques quand il s'attarde, sans grand intérêt d'ailleurs, sur des points de détail d'affaires judiciaires !

 

Quelques touches de pathos alimenteront la compassion du lecteur alors que, plongé bien au chaud dans on petit bonheur personnel préservé, il ne songe, avec la mère de Napoléon, qu'à se répéter : « Pourvou qué ça douré ! »

 

Alors, certes il y a des histoires bien terribles derrière ces narrations mais, après avoir tourné la dernière page de ce livre, j'en suis finalement ressorti avec le sentiment que, au fond, Emmanuel CARRERE n'y a rien côtoyé que « D'autres vies que la (s)ienne ».