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Dans de frêles bras, des destins à réécrire

Nicolas Gary - 27.07.2018

Livre - bras frêles destin - Jean Boël poésie - poèmes


POÉSIE – La couverture, strates de matières et de couleurs. Signé : Isabelle Clément. En haut : le nom du poète, Jean Le Boël. En dessous, sans majuscule, le titre : et leurs bras frêles tordant le destin. Comme si le poète était tout entier porté par ces bras frêles. 




 

Page après page, aucune majuscule ne rompt l’unité du recueil. Écriture tournée vers l’autre : 

richesse et justesse de la langue, force étymologique des mots, dialogue avec toiles, huiles, photos, sculptures, jusqu’aux pleurs et sourires d’une enfant. 
 

« que sert-il de parler si
ce n’est pour entendre
dans les mots dans les souffles dans la fraternité des bêtes et des pierres
la sève de ton bois
qui ne t’appartient pas » 

 

Dans l’écriture de Jean Le Boël, il y a un substrat composé des poètes qui l’ont précédé, qu’il a lus, qu’il a aimés, sans que cela ne pèse ni ne pose. Sont nommés : Paul Valéry, René-Guy Cadou, Saint John Perse, Pierre Reverdy, Marie Noël, Francis Ponge, Léopold Sédar Senghor. 

 

« en ce pays d’ouest où tu vécus parmi les genêts et les labours à fleurs d’océan
il y eut les pires il y eut les loups »
, écrit-il dans le poème à René-Guy Cadou. 
 

Dans la mémoire enfouie et un matin calme des pays de Loire, surgissent les camions bâchés des fusillés de Chateaubriand. D’autres poètes ne sont pas cités. Se nichent au creux du vers. Ronsard ou Du Bellay... « Plus me plaît le minois de ma maîtresse (...) ». Mais il ne faut pas lire le recueil de cette manière. Juste se laisser porter par les mots partagés. 
 

Jean Le Boël est un poète de la profondeur. Pas du crépitement. 

 

« l’insurrection n’est pas poétique, mais la poésie est insurrection » répète-t-il.


En ouverture, dans un Avant-Dire qu’il intitule Bréviaire de poète, Jean Le Boël confie : « Je souhaite que ma poésie soit au service : des petits, de ceux qu’on oublie, de ceux que j’admire et dont je me nourris, de chacun dans sa faiblesse et dans sa singularité, hors du temps, contre le temps. » 
 

Jour après jour, dans cette obligation et cette nécessité de nommer le monde, Jean Le Boël nous est fraternel. 
 

Hervé Leroy 
 

en partenariat avec l'AR2L Hauts de France

   

Jean le Boël – Et leurs bras frêles tordant le destin – Ecrits du nord – 9782364691766 – 10 €


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